Chaque dalle de cette église est une dalle funéraire, et on a conscience que ce sol où l’on marche est plein d’ossements.
1850-1923Chaque dalle de cette église est une dalle funéraire, et on a conscience que ce sol où l’on marche est plein d’ossements.
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Figures et choses qui passaient
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Ah ! Quelle nécropole que le cœur humain ! Pourquoi aller aux cimetières ? Ouvrons nos souvenirs, que de tombeaux !
Nous n’avons plus d’argent pour enterrer nos morts. Le prêtre est là, marquant le prix des funérailles ; Et les corps étendus, troués par les mitrailles, attendent un linceul, une croix, un remords.
N’oublions pas : nous sommes une Église en pèlerinage, sujette à l’incompréhension, à la persécution, mais une Église qui marche sereine, parce qu’elle porte la force de l’amour.
Le vrai tombeau des morts, c’est le cœur des vivants.
Le fossoyeur achève le creusement de la fosse… Quelques pelletées de terre inattendues viennent recouvrir le corps de l’enfant. Le prêtre des religions, au milieu de l’assistance émue, prononce quelques paroles pour bien enterrer le mort.
Des fragments de la croix, j’en ai vu quantité d’autres, dans d’autres églises. S’ils étaient tous authentiques, notre Seigneur n’eût pas été supplicié sur deux planches croisées, mais sur une forêt entière.
Toute notre vie, nous transpirons et sauvons, construisant pour une tombe peu profonde.
L’Eglise catholique a fini par ressembler à une cathédrale très ancienne, d’une grande simplicité primitive, d’une grande beauté idéale, que le XVIIe, le XVIIIe et le XIXe siècles ont surchargée d’éléments disparates.
Là où Dieu a son Eglise, le Diable a sa chapelle.
Bonheur excessif et mélancolie excessive parachèvent un même péché, l’oubli du tombeau.

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