Biographie courte et informations sur Romain Gary
Roman Kacew, dit Romain Gary, naît en 1914 à Vilnius dans l’Empire russe. D’origine juive lituanienne, il obtient la nationalité française en 1935. Aviateur pendant la Seconde Guerre mondiale, il devient résistant et compagnon de la Libération. Après la guerre, il mène une carrière d’écrivain, diplomate, scénariste et réalisateur. Sous divers pseudonymes, notamment Émile Ajar, il publie plusieurs romans et reçoit deux fois le prix Goncourt. Il décède en 1980 à Paris. Sa double identité littéraire a marqué la littérature française du XXe siècle.
- L’amour, tu sais, ce dont il a le plus besoin, c’est l’imagination. Il faut que chacun invente l’autre avec toute son imagination, avec toutes ses forces et qu’il ne cède pas un pouce de terrain à la réalité; alors là, lorsque deux imaginations se rencontrent... Il n’y a rien de plus beau.
- Jamais, dans mes frustrations, tout ce qui fait de moi un homme n’interpella avec plus de rageuse et vaine sauvagerie ce qu’à défaut de mot plus ignoble nous appelons le destin : cette bataille perdu qu’il ne nous est même pas permis de livrer.
- La culture n’a absolument aucun sens si elle n’est pas un engagement absolu à changer la vie des hommes. Elle ne veut rien dire. C’est une poule de luxe.
- L’appréciation, la satisfaction, l’amitié même que les gens peuvent témoigner à une vulgaire tasse de café, c’est pas croyable.
- Tu ne peux pas aimer une femme, un homme, sans les avoir d’abord inventés, tu ne peux pas aimer l’autre sans l’avoir d’abord inventé, imaginé, parce qu’une belle histoire d’amour, ce sont d’abord deux êtres qui s’inventent, ce qui rend la part de réalité acceptable, et indispensable même, comme matériau de départ. Ce qu’on appelait jadis le « grand amour », c’est le dévouement pendant toute une vie et souvent jusqu’à l’extrême vieillesse de deux êtres à cette œuvre d’imagination qu’ils ont créé ensemble et réciproquement, deux êtres qui se sont d’abord inventés….
- La vie est jeune. En vieillissant, elle se fait durée, elle se fait temps, elle se fait adieu. Elle vous a tout pris, et elle n’a plus rien à vous donner, je vais souvent dans les endroits fréquentés par la jeunesse pour essayer de retrouver ce que j’ai perdu. Parfois je reconnais le visage d’un camarade tué à vingt ans. Souvent, ce sont les mêmes gestes, le même rire, les mêmes yeux. Quelque chose, toujours, demeure. Il m’arrive alors de croire presque qu’il est resté en moi quelque chose de celui que j’étais il y a vingt ans, que je n’ai pas entièrement disparu.
- Les chemins qui mènent à la liberté et à la dignité humaine passent par bien des abîmes et ne sauraient donc mener d’un seul coup aux sommets...
- Vivre, ce n’est ni respirer, ni souffrir, ni même être heureux, vivre est un secret que l’on ne peut découvrir qu’a deux. Le bonheur est un travail d’équipe.
- Le paradoxe de la science est qu’il n’y a qu’une réponses à ses méfaits et à ses périls : encore plus de science.
- Il est une part humaine qui ne peut pas se passer d’imaginaire, c’est notre part d’amour. Parce qu’une belle histoire d’amour, ce sont d’abord deux êtres qui s’inventent.
- Les mots d’amour que je murmurais retrouvaient leur enfance, comme s’ils venaient de naître et que rien encore ne leur était arrivé.
- Est-ce que nous ne sommes vraiment plus capables de respecter la nature, la liberté vivante, sans aucun rendement, sans utilité, sans autre objet que de se laisser entrevoir de temps en temps ? La liberté elle-même est anachronique.
- Parce que le bonheur d’un couple tourne toujours le dos au monde.
- Je vois la vie comme une grande course de relais où chacun de nous avant de tomber doit porter plus loin le défi d’être un homme.
- D’une façon générale, je souffre plus que je ne pense, c’est une question de tempérament; et je crois qu’on comprend parfois mieux de cette façon-là.
- Avec l’amour maternel, la vie nous a fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais.
- Les femmes sont vulnérables au murmure de l’âme et l’art de la séduction est fait de délicatesse.
- L’Afrique ne s’éveillera à son destin que lorsqu’elle aura cessé d’être le jardin zoologique du monde.
- Il ne faut pas avoir peur du bonheur. C’est seulement un bon moment à passer.
- C’est pas nécessaire d’avoir des raisons pour avoir peur.
- L’amour est un silence qui parle plus fort que les mots.
- L’amour est la seule religion sans dieu ni enfer.
- La vérité était que la vie nous avait jetés aux orties, l’un et l’autre, et c’est toujours ce qu’on appelle une rencontre.
- C’est une époque où tout le monde gueule de solitude et où personne ne sait qu’il gueule d’amour. Quand on gueule de solitude, on gueule toujours d’amour.
- La faiblesse a toujours vécu d’imagination. La force n’a jamais rien inventé, parce qu’elle croit se suffire. C’est toujours la faiblesse qui a du génie.
- On ne sait pas assez que la faiblesse est une force extraordinaire et qu’il est très difficile de lui résister.
- Plus on a rien et plus on veut croire.
- On dit que la sagesse s’empare de nous avec l’age.
- La liberté avait de tout temps exigé des sacrifices, mais il ne m’était jamais venu à l’esprit qu’aimer une femme pouvait être aussi un apprentissage de liberté.
- Sous sa chevelure épaisse et emmêlée, son visage semblait toujours tombé du nid. Je cherchais quelque chose à dire, puisqu’il faut toujours recourir aux mots pour empêcher le silence de parler trop fort.
- Je suis un de ces démocrates qui croient que le but de la démocratie est de faire accéder chaque homme à la noblesse.
- L’Europe a toujours eu les meilleures et les plus belles Universités du monde. C’est là que sont nées nos plus belles idées, celles qui ont inspiré nos plus grandes oeuvres : les notions de liberté, de dignité humaine, de fraternité.
- de l’énergie, autant dire : nos couilles, sont dans le tiers monde.
- Vous voulez tuer l’Injustice, mais vous ne tuez que des hommes. Camus a écrit que l’on condamne à mort un coupable, mais qu’on fusille toujours un innocent. Toujours cet infernal dilemme : l’amour des chiens et l’horreur de la chiennerie.
- La médecine doit avoir le dernier mot et lutter jusqu’au bout pour empêcher que la volonté de Dieu soit faite.
- Elle s’est endormie dans mes bras. Je n’ai jamais reçu de plus beau don que cette facon qu’elle avait de dormir sur ma poitrine dans une attitude de confiance et de sécurité totale.
- L’amour, la vie, c’est du pareil au même et c’est une très jolie chanson.
- La vraie maison de l’amour est toujours une cachette. La fidélité n’était d’ailleurs pas pour moi un contrat d’exclusivité : elle était une notion de dévouement et de communion dans le même sens des valeurs.
- Un très grand amour, ce sont deux rêves qui se rencontrent et, complices, échappent jusqu’au bout à la réalité.
- Je ne dis pas qu’il faille empêcher les mères d’aimer leurs petits. Je dis simplement qu’il vaut mieux que les mères aient encore quelqu’un d’autre à aimer.
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