Biographie courte et informations sur Jean de La Bruyère
Jean de La Bruyère né le 16 août 1645 à Paris, dans une famille bourgeoise modeste. Juriste de formation, il devient trésorier général de France, puis précepteur de figures aristocratiques comme le duc de Bourbon. Il vit principalement à Paris et Versailles, menant une vie studieuse et discrète. En 1688, il publie "Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle", œuvre incisive qui chronique le XVIIe siècle avec un style rythmé favorisant la lecture à voix haute. À travers son ironie, il analyse la société et le comportement humain avec une acuité mordante.
- Il n’y a que trois événements dans la vie d’un homme; naissance, vie et mort; il n’a pas conscience d’être né, il meurt dans la douleur et il oublie de vivre.
- La philosophie, elle nous fait vivre sans une femme ou nous fait supporter celle avec qui nous vivons.
- Une femme inconstante est celle qui n’aime plus; une légère, celle qui déjà en aime un autre; une volage, celle qui ne sait si elle aime et ce qu’elle aime; une indifférente, celle qui n’aime rien.
- On regarde une femme savante comme on le fait d’une belle arme : c’est une pièce de cabinet, que l’on montre aux curieux.
- Si une belle femme admet qu’une autre femme est belle, nous pouvons conclure en toute sécurité qu’elle l’excelle.
- Qu’une femme soit à la fois coquette et dévote, c’est plus que ne peut supporter le plus humble des maris; elle devrait heureusement choisir entre les deux.
- La plupart des hommes, pour arriver à leurs fins, sont plus capables d’un grand effort que d’une longue persévérance.
- L’impossibilité où je suis de prouver que Dieu n’existe pas me fait découvrir son existence.
- Il y a un sentiment de liberté à suivre ses caprices, et tout au contraire de servitude à courir pour son établissement : il est naturel de se croire digne de le trouver sans l’avoir cherché.
- Le plus doux de tous les sons est celui de la voix de la femme que nous aimons.
- C’est un excès de confiance dans les parents d’espérer tout de la bonne éducation de leurs enfants.
- Les hommes comptent presque pour rien toutes les vertus du coeur et idolâtrent les talents du corps et de l’esprit.
- Il n’y a point de chemin trop long à qui marche lentement et sans se presser; il n’y a point d’avantages trop éloignés à qui s’y prépare par la patience.
- Le chagrin de l’absence d’un être cher est un bonheur comparé à la vie avec une personne que l’on déteste.
- On guérit comme on se console : on n’a pas dans le coeur de quoi toujours pleurer et toujours aimer.
- La mort n’arrive qu’une fois, et se fait sentir à tous les moments de la vie : il est plus dur de l’appréhender que de la souffrir.
- L’on n’aime bien qu’une seule fois : c’est la première; les amours qui suivent sont moins involontaires.
- Les hommes sont trop occupés d’eux-mêmes pour avoir le loisir de discerner les autres.
- Il y a de certaines gens qui veulent si ardemment et si déterminément une certaine chose que de peur de la manquer, ils n’oublient rien de ce qu’il faut faire pour la manquer.
- La plupart des hommes passent la première moitié de leur vie à rendre la seconde moitié misérable.
- Il est bon qu’il y ait dans le Monde des biens et des maux : sans cela, on serait désespéré de quitter la vie.
- Ah ! Combien de testateurs regretteraient en mourant et leur vie et leurs biens, s’ils pouvaient voir après leur mort les figures de leurs héritiers.
- La vie est une tragédie pour celui qui sent et une comédie pour celui qui pense.
- La valeur d’un homme s’estime dans ce monde d’après sa conduite.
- C’est rusticité que de donner de mauvaise grâce : le plus fort et le plus pénible est de donner : que coûte-t-il d’y ajouter un sourire ?
- Nous devrions garder le silence sur ceux qui sont au pouvoir; en dire du bien implique presque de la flatterie; dire du mal d’eux de leur vivant est dangereux, et quand ils sont morts, c’est lâche.
- La critique souvent n’est pas une science; c’est un métier, où il faut plus de santé que d’esprit, plus de travail que de capacité, plus d’habitude que de génie.
- C’est une grande difformité dans la nature qu’un vieillard amoureux.
- Quand nous sommes jeunes, nous couchons pour la vieillesse; quand nous sommes vieux, nous épargnons pour la mort.
- Si certaines personnes mouraient et que d’autres ne mouraient pas, la mort serait une terrible affliction.
- Il y a d’étranges pères, dont toute la vie ne semble occupée qu’à préparer à leurs enfants des raisons de se consoler de leur mort.
- A parler humainement, la mort a un bel endroit, qui est de mettre fin à la vieillesse.
- Il ne faut ni vigueur, ni jeunesse, ni santé pour être avare.
- Si la pauvreté est la mère de tous les crimes, le manque d’intelligence en est le père.
- Il y a une fausse modestie, qui est vanité; une fausse gloire, qui est la légèreté; une fausse grandeur, qui est bassesse; une fausse vertu, qui est l’hypocrisie, et une fausse sagesse, qui est la pruderie.
- La science des détails, ou une diligente attention aux moindres besoins de la république, est une partie essentielle au bon gouvernement.
- Il faut faire comme les autres» : maxime suspecte, qui signifie presque toujours : «il faut mal faire» dès qu’on l’étend au delà de ces choses purement extérieures, qui n’ont point de suite, qui dépendent de l’usage, de la mode ou des bienséances.
- La vie se passe tout entière à désirer...
- Il n’y a point au monde un si pénible métier que celui de se faire un grand nom : la vie s’achève que l’on a à peine ébauché son ouvrage.
- Les aises de la vie, l’abondance, le calme d’une grande prospérité font que les princes ont de la joie de reste pour vivre...
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