Il faut faire comme les autres» : maxime suspecte, qui signifie presque toujours : «il faut mal faire» dès qu’on l’étend au delà de ces choses purement extérieures, qui n’ont point de suite, qui dépendent de l’usage, de la mode ou des bienséances.
Image : Il faut faire comme les autres»...

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- Ceux qui font bien mériteraient seuls d’être enviés, s’il n’y avait encore un meilleur parti à prendre, qui est de faire mieux : c’est une douce vengeance contre ceux qui nous donnent cette jalousie.
- Un homme sage ni ne se laisse gouverner, ni ne cherche à gouverner les autres : il veut que la raison gouverne seule et toujours.
- On ne vit point assez pour profiter de ses fautes; on en commet pendant tout le cours de sa vie, et tout ce que l’on peut faire. A force de faillir, c’est de mourir corrigé...
- Scandales, pots de vin, accidents, meurtres, hooliganisme, magouilles, dénonciations, dopage, coups bas, tricherie, caisses noires, inculpations, violence... L’important est de participer.
- Promettre est tout à fait du bel air; cela ouvre les yeux de la curiosité. Exécuter est toujours un acte inférieur; et, excepté parmi les gens les plus naïfs et les plus simples, tenir sa parole est tout à fait hors d’usage.
- Le bien qu’on fait aux autres vous attache à eux - et c’est, en vérité, dommage, car c’est précisément cela qui les détache de vous !
- Occupez-vous des petites choses et les grandes se feront d’elles-mêmes. Tout le monde entend dire cela quand il est enfant. Peu de gens mettent cet adage en pratique.
- Il ne s’agit pas d’être bon ou de faire le bien, mais de mener une vie qui ait de la signification et qui porte une responsabilité, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Cela conduit à choisir la difficulté plutôt que l’épicurisme.
- Les gens essaient de faire toutes sortes de choses intelligentes et difficiles pour améliorer la vie au lieu de faire la chose la plus simple et la plus facile - refuser de participer à des activités qui rendent la vie mauvaise.
- La tempérance - comme la prudence, et comme toutes les vertus peut-être - relève donc de l’art de jouir : c’est un travail du désir sur lui-même, du vivant sur lui-même. Elle ne vise pas à dépasser nos limites, mais à les respecter.
- Par un travail contraire, ou plutôt par une conséquence naturelle, les plus vilaines choses ont pris des noms charmants. Le succès purifie tout; la nécessité excuse les actions les plus laides.
- Les gens changent seulement si cela vient d’eux, et il est rarissime qu’ils le veuillent réellement. Neuf fois sur dix, leur désir de changement concerne les autres. Il faut que ça change, phrase entendue ad nauseam, signifie que que les gens devraient changer.
- On a beau prétendre qu’on se moque des interdits, de la morale, des moeurs établies, dès qu’on s’en exclut il faut puiser quotidiennement dans son énergie pour se persuader qu’on est néanmoins dans la bonne voie, celle du désir, de la vérité, de l’amour.
- On a toujours le choix. Ta vie, à partir du moment où tu commences à exercer un certain contrôle sur elle, est faite d’un ensemble de choix; certains seront bons, d’autres mauvais, mais ce seront les tiens.
- Etre jeune, c’est être spontané, rester proche des sources de la vie, pouvoir se dresser et secouer les chaînes d’une civilisation périmée, oser ce que d’autres n’ont pas eu le courage d’entreprendre; en somme, se replonger dans l’élémentaire.