Les rois font des hommes comme des pièces de monnaie; ils les font valoir ce qu’ils veulent, et l’on est forcé de les recevoir selon leur cours, et non pas selon leur véritable prix.
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- Quelque méchants que soient les hommes, ils n’oseraient paraître ennemis de la vertu, et lorsqu’ils la veulent persécuter, ils feignent de croire qu’elle est fausse ou ils lui supposent des crimes.
- La clémence des princes n’est souvent qu’une politesse pour gagner l’affection des peuples.
- Nul ne mérite d’être loué de bonté, s’il n’a pas la force d’être méchant : toute autre bonté n’est le plus souvent qu’une paresse ou une impuissance de la volonté.
- Il y a des gens dont la puissance est faite de tout l’argent qu’ils ont prêté; et d’autres dont toute la force est dans l’argent qu’ils doivent.
- Il y a souvent plus d’orgueil à refuser la louange qu’à la recevoir; on ne la rejette que dans la vue d’être forcé à en accepter une plus grande. C’est ainsi qu’un abbé refuse un petit bénéfice quand il aspire à l’évêché.
- Chacun donne ce qu’il a. Le guerrier donne sa force, le marchand sa marchandise, le maître sa doctrine, le paysan son riz, le pêcheur ses poissons.
- Toutes les occupations des hommes sont à avoir du bien; et ils n’ont ni titre pour le posséder justement, ni force pour le posséder sûrement.
- Les princes d’aujourd’hui, même s’ils n’étaient que d’opérette, auraient-ils tellement besoin d’argent que, comme de pauvres starlettes de troisième zone, ils devraient vendre leur vie ?
- Eh bien ? Parce qu’ils n’adorent pas l’or et l’argent au point de leur sacrifier corps et âme, est-ce une raison pour les traiter de bêtes ? N’est-ce pas plutôt le contraire ?
- Les rois de France, en vendant la noblesse, n’ont pas songé à vendre aussi le temps, qui manque toujours aux parvenus.
- Dieu a donné aux hommes pour s’en servir entre eux cette monnaie sublime de la charité qui porte le signe irrécusable du Rédempteur.
- Les princes ont un singulier penchant à accorder à ceux qui demandent, à employer ceux qui se présentent, et à croire des talents à ceux qui s’en donnent.
- Est-ce au peuple, madame, à se choisir un maître ? Sitôt qu’il hait un roi doit-on cesser de l’être ? Sa haine ou son amour sont-ce les premiers droits, qui font monter au trône ou descendre les rois ?
- Quand ils se tiennent devant vous les rois deviennent un genre de problème d’élocution.
- Les temps sont durs. Les hommes ont perdu toute dignité. Le pouvoir est leur foi, au lieu que la foi soit leur pouvoir. Il n’y a plus d’homme digne de ce nom, il n’y a plus d’hommes valeureux.