Les relations entre les gens ressemblent souvent à des lignes de chemin de fer. Lorsque les voies s’écartent et s’éloignent l’une de l’autre, il faut attendre un aiguillage pour avoir une chance de les voir reprendre un chemin parallèle.
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- Il arrive parfois que deux êtres aient cette impression de se retrouver sur le chemin de la Vie. Comme s’ils n’avaient été jusque là que provisoirement séparés. Comme si l’un et l’autre s’attendaient.
- Ma vie semble suivre une voie qui ne me correspond pas - je suis le passager d’un train, mais je n’ai aucune idée du chemin qu’il prend ni de sa destination finale.
- Quand vous passez l’essentiel de la journée à divaguer dans un monde imaginaire, il n’est parfois pas évident de faire le chemin dans l’autre sens. Et vous êtes saisi de vertige lorsque les frontières s’estompent.
- Un chemin que nous faisons seul nous semble long et ennuyeux. Si nous parcourons ce même chemin à deux, en discutant, nous voudrions qu’il se poursuive indéfiniment.
- Les gens simples vont tout droit leur chemin, à moins qu’il n’y ait une barricade qui les contraigne à faire un détour.
- Il y a quelque chose d’atrocement irrévocable dans le spectacle d’une personne qui disparaît au bout d’une route, sans se retourner, sans jeter un regard en arrière.
- Le chemin du devoir est toujours proche, mais l’homme le cherche loin de lui.
- L’absence unit et désunit, elle rapproche aussi bien qu’elle divise, elle relâche certains liens très solides, elle les tend et les éprouve au point de les briser.
- Deux voies s’ouvrent à l’homme et à la femme : la férocité ou l’indifférence. Tout nous indique qu’ils prendront la seconde voie, qu’il n’y aura entre eux ni explication ni rupture, mais qu’ils continueront à s’éloigner l’un de l’autre.
- Il y a toujours à un autre, mon vieux. En amour, en amitié, et même dans un train, un autre, assis en face de vous et qui vous fixe ou vous tourne le dos et creuse les perspectives de votre solitude.
- Il y a une différence entre connaître le chemin, et arpenter le chemin.
- Mais c’est l’un des paradoxes du voyage : on croise de complets inconnus et on se confie plus volontiers à eux qu’à des proches justement parce que l’on sait que, le périple terminé, on ne les reverra sans doute jamais.
- Pour savoir où on en est avec quelqu’un, il suffit d’écouter de la musique ensemble. Le moindre désaccord nerveux vient faire taches dans les intervalles, mais si le son passe sans rencontrer personne, c’est le signe que tout va bien.
- Ceux qui n’ont rien ne cesse de se déplacer, comme si leur sort pouvait être meilleur ailleurs. Ils préfèrent ignorer qu’au terme du voyage ils vont retrouver sous une nouvelle forme le vieux problème, ce membre de la famille qu’on redoute d’embrasser.
- Il est révoltant qu’un homme dirige sur des sentiers faux un voyageur ignorant le chemin à prendre et le laisse ensuite seul dans son erreur. Cependant, n’est-il pas plus révoltant encore d’amener quelqu’un à se fourvoyer en lui-même ?