Il y a quelque chose d’atrocement irrévocable dans le spectacle d’une personne qui disparaît au bout d’une route, sans se retourner, sans jeter un regard en arrière.
Image : Il y a quelque chose d’atrocement...

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- Pour moi, lorsque je vois un mort, la mort m’apparaît alors comme un départ. Le cadavre me fait l’impression d’un costume qu’on a laissé derrière soi. Quelqu’un est parti, sans éprouver le besoin d’emporter son seul et unique vêtement.
- Il est des routes qui vont au feu, d’autres aux cimes, d’autres aux villages. A chacun la sienne. J’ignore ce qu’est la pureté, mais je sais que la folie est de ne pas suivre sa route.
- Lorsqu’un peuple s’enfuit devant l’envahisseur Il laisse sur ses pas les ruines de sa vie Une salle de bal à l’aube sans danseurs La table du repas qu’on n’a pas desservie.
- Les gens simples vont tout droit leur chemin, à moins qu’il n’y ait une barricade qui les contraigne à faire un détour.
- Le plus important, ce n’est pas de donner 10 euros dans la rue. C’est de regarder celui qui souffre avec un sourire pour qu’il voie qu’on l’a vu, lui qui est invisible.
- Le voyage est une suite de disparitions irréparables.
- La voiture est comme un coffre jeté du haut d’un pont. On y étouffe. On n’y entend rien d’autre qu’un sourd et inquiétant rugissement. Le paysage tourbillonne dehors. On ne peut rien en saisir.
- Ce qui fait souffrir le plus les hommes abandonnés, c’est qu’ils croient toujours revoir dans la rue la femme qui les a quittés. A cause d’une silhouette, d’une démarche, ou d’une forme de visage semblable.
- Si j’étais dans la vie comme à la scène, je serais imbuvable ! J’ai bien conscience de la personne que je suis sur les planches, avec cette tendance à de plus en plus se lâcher.
- Aussi étrange que cela puisse paraître, plus on connaît quelqu’un, plus ses contours deviennent flous, comme si le temps passé ensemble effaçait ce qui le distingue de vous.
- Rien n’est plus tragique que de rencontrer un individu à bout de souffle, perdu dans le labyrinthe de la vie.
- Le fou est celui qui perd son chemin sans pouvoir le retrouver.
- Quand vous passez l’essentiel de la journée à divaguer dans un monde imaginaire, il n’est parfois pas évident de faire le chemin dans l’autre sens. Et vous êtes saisi de vertige lorsque les frontières s’estompent.
- N’avez-vous jamais croisé de ces êtres qui semblent ne pas se trouver sur votre chemin par hasard, mais par une sorte d’évidence si bouleversante que votre existence en est subitement transformée ?
- A l’exception des commerçants, les gens qui voyagent sont des inquiets qui ne savent pas rester seuls avec eux-mêmes : ils vont chercher au loin des images neuves qu’ils offrent à leurs yeux, mais leur coeur reste vide.