La nature de l’homme n’est pas de tuer des agneaux ou de casser les pierres, mais de circuler une rose à la main.
Image : La nature de l’homme n’est pas...

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- Qu’on ne me parle pas de la fatalité, elle n’existe que par la veulerie des êtres. Ruses des hommes, désirs des dieux ne tiennent pas contre la volonté et l’amour d’une femme fidèle...
- Les hommes ont inventé la guerre pour y être sans nous entre hommes.
- Chaque homme, même le plus laid, nourrit en soi une amorce et un secret par lequel il se relie directement à la beauté même.
- La rose et moi différons d’une chose : Un soleil voit naître et mourir la rose, mille soleils ont vu naître m’amour, dont l’action jamais ne se repose. Que plût à Dieu que telle amour enclose, comme une fleur, ne m’eût duré qu’un jour.
- La rose n’a d’épines que pour celui qui veut la cueillir.
- Ce n’est pas parce qu’il y a une rose sur le rosier que l’oiseau s’y pose : c’est parce qu’il y a des pucerons.
- C’est croire, c’est aimer. Par Eve l’homme naît. La femme est vers le ciel tournée, et ce qui n’est Que parfum dans la rose est encens dans la femme.
- Car le propre de la divinité c’est l’entêtement. Si l’homme savait pousser l’obstination à son point extrême, lui aussi serait déjà dieu. Voyez les savants, et les secrets divins qu’ils arrachent de l’air ou du métal, simplement parce qu’ils se butent.
- La rose que contemple ici-bas ton oeil extérieur A fleuri ainsi en Dieu, de toute éternité.
- L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers s’arme pour l’écraser : une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui; l’univers n’en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il faut nous relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale.
- On ne peut pas bien vivre en sachant que l’homme n’est rien et que la face de Dieu est affreuse.
- L’homme est le travailleur du printemps, de la vie, de la graine semée et du sillon creusé, et non le créancier livide du passé.
- Parce que la volonté rend beau et que devant la beauté, l’homme, heureusement, a encore le réflexe, parfois, de se mettre à genoux.
- Le sage vit tant qu’il doit, non pas tant qu’il peut.
- Quand l’homme abandonne à son geste la mission que son esprit renie, il ne l’abjure pas, il la passe à son servant, comme il passe la vie à son corps dans le sommeil.