Il y a dans le monde et qui marche parallèlement à la force de mort et de contrainte une force énorme de persuasion qui s’appelle la culture.
Philosophe, 1913-1960 Image : Photograph by United Press International, Domaine public, Wikimedia Commons Il y a dans le monde et qui marche parallèlement à la force de mort et de contrainte une force énorme de persuasion qui s’appelle la culture.
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Carnets III : mars 1951-décembre 1959
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Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. À l’inverse, c’est de l’isolement que meurent les civilisations.
Dans ce monde il y a deux attitudes : opter pour la vie et opter pour la mort.
Sans culture, l’esprit s’use et perd son ressort : une vie imbécile est semblable à la mort.
La culture, c’est le lieu où s’exerce l’activité humaine ; mêmes émotions, mêmes angoisses, mêmes désirs, mais pas nécessairement pour les mêmes choses.
Le monde fleurit par ceux qui cèdent à la tentation. Le monde n’est justifié qu’aux dépens éternels de sa sûreté.
Presque tout ce qui caractérise l’humanité se résume par le mot culture.
Il y a dans le deuil une puissance contradictoire, une puissance absolue qui propulse tout autant vers la nécessité du changement que vers la tentation morbide à la fidélité au passé.
La vie est un poison quand elle n’est plus qu’un instrument à combler l’ambition, l’orgueil, la jalousie.
Les préjugés sont les pilotis de la civilisation.
La philosophie, l’art et la religion existent parce que la mort oblige les hommes à inventer des parades pour ne pas avoir à succomber et à trembler d’effroi devant elle.

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