La philosophie, l’art et la religion existent parce que la mort oblige les hommes à inventer des parades pour ne pas avoir à succomber et à trembler d’effroi devant elle.
PhilosopheLa philosophie, l’art et la religion existent parce que la mort oblige les hommes à inventer des parades pour ne pas avoir à succomber et à trembler d’effroi devant elle.
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Source secondaire
La Lueur des orages désirés. Journal hédoniste IV, p. 13
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Si l’on devait vivre éternellement, tout deviendrait monotone. C’est l’idée de la mort qui nous talonne. C’est la hantise et le désir de l’homme de laisser une trace indélébile de son éphémère passage sur cette terre qui donnent naissance à l’art.
La meilleure de toutes les raisons pour se résoudre à la mort, c’est qu’on ne saurait l’éviter. La philosophie nous donne la force d’en dissimuler le ressentiment, et ne l’ôte pas : la religion y apporte moins de confiance que de crainte.
Mourir pour une religion ne prouve pas qu’une religion soit véritable ou divine ; cela prouve tout au plus qu’on la suppose telle. Un enthousiaste, en mourant, ne prouve rien sinon que le fanatisme religieux est souvent plus fort que l’amour pour la vie.
Ne sais-tu donc pas que la source de toutes les misères pour l’homme, la source de toutes ses faiblesses et de toutes ses lâchetés, ce n’est pas la mort, mais bien plutôt la crainte de la mort ?
Le seul et unique but de toute croyance est bien d’accepter la mort. Le reste, c’est du folklore.
Je crois que la lutte contre la mort, la volonté d’exister irraisonnée et tenace est l’impulsion qui fait vivre et agir tous les hommes remarquables.
Le bonheur sur terre ça serait de mourir avec plaisir, dans du plaisir… Le reste c’est rien du tout, c’est de la peur qu’on n’ose pas avouer, c’est de l’art.
Il vit aussi que les arts, dirigés par la véritable philosophie, développaient les hommes, ennoblissaient leur existence ; que la civilisation formait la moitié de la vie, et que, sans elle, les hommes seraient les plus malheureux des êtres.
L’illusion du plaisir et la peur de la mort sont les seules industries où l’on peut faire lâcher jusqu’à leur dernier sou aux hommes…
Le déni de l’anatomie et du corps comme destin ne date pas d’hier. Il fut bien plus virulent dans toutes les sociétés antérieures à la nôtre. Ritualiser, cérémonialiser, affubler, masquer, mutiler, dessiner, torturer – pour séduire : séduire les dieux, séduire les esprits, séduire les morts. Le corps est le premier grand support de cette gigantesque entreprise de séduction.

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