Le monde fleurit par ceux qui cèdent à la tentation. Le monde n’est justifié qu’aux dépens éternels de sa sûreté.
Écrivain, 1910-2007Le monde fleurit par ceux qui cèdent à la tentation. Le monde n’est justifié qu’aux dépens éternels de sa sûreté.
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Le rivage des syrtes
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La sérénité ne peut être atteinte que par un esprit désespéré et, pour être désespéré, il faut avoir beaucoup vécu et aimer encore le monde.
La vertu dans le monde est toujours poursuivie,
Les envieux mourront, mais non jamais l’envie.
En considérant le monde tel qu’il est, nous trouverons folie de nier que la vilénie est une voie de succès plus sûre que la vertu. Quand l’Ecriture parle du levain de l’iniquité, elle entend le levain qui fait monter les hommes.
Le monde est à la volonté bien plus qu’à la sagesse.
Le monde cède au bluff. Même le monde le plus sérieux, le plus rigide, même le vieil ordre, s’il ne cède jamais à l’exigence de justice, s’il ne plie jamais devant le peuple qui s’insurge, plie devant le bluff.
Le monde tout entier aspire à la liberté, et pourtant chaque créature est amoureuse de ses chaînes. Tel est le premier paradoxe et le nœud inextricable de notre nature.
Il est bon qu’il y ait dans le Monde des biens et des maux : sans cela, on serait désespéré de quitter la vie.
Il y a des gens qu’on approuve dans le monde, qui n’ont pour tout mérite que les vices qui servent au commerce de la vie.
L’usage du monde conduit à la défiance, la défiance mène aux soupçons. Les soupçons mènent à la finesse, la finesse à la méchanceté, et la méchanceté à tout.
Le sens de l’émerveillement est un gage de bonheur car la vie, pour peu qu’on sache lui forcer la main, ne refuse jamais à l’homme les occasions de s’émerveiller.

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