Ma femme s’est pendue dans la grange, une nuit que j’étais à l’espère du lièvre.
Écrivain, 1895-1970Ma femme s’est pendue dans la grange, une nuit que j’étais à l’espère du lièvre.
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colline
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L’orage vous a donné sur les nerfs, ma pauvre femme. Allez vous coucher.
Son sommeil était, de beaucoup, ce qu’elle avait de plus profond.
Comme elle avait dû souffrir, la pauvre, de mon innocent bavardage, tandis qu’étendue sur le gril brûlant de l’impatience elle attendait, l’âme tremblante, un premier geste de tendresse, ou tout au moins que je m’aperçoive de sa passion !
Elle disait avec soulagement : La nuit est enfin finie (elle a souffert la nuit, seule, chose atroce).
Chaque réveil était insupportable, juste après la première minute d’inconscience. Puis, c’était devenu rituel, elle se faisait la réflexion. Tiens, je vais bien ce matin et aussitôt ça lui revenait, pourquoi elle irait mal.
Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux.
Et je l’ai trouvée amère.
Et je l’ai injuriée.
Me levant en ruisselant au milieu de la nuit, contaminé par l’effroi qui régnait perpétuellement entre nos murs, je réveillai un de ces deux parents. Une enfilade de coups s’ensuivait alors et tout le monde trouvait alors le sommeil.
Ma femme m’a quitté quand je lui ai dit que ses bas faisaient des plis. Et justement, ce jour-là, elle ne portait pas de bas.
J’étais encore dans le salon voisin à attendre sa délivrance, lorsque ma belle-mère vint me dire : venez embrasser votre femme et la sauver du désespoir ; votre enfant est mort en naissant.
La véritable fatigue c’est, le soir, lorsqu’on est harassé de travail, de mentir à sa maîtresse pour pouvoir rentrer tranquillement chez soi pour voir sa femme.

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