L’orage vous a donné sur les nerfs, ma pauvre femme. Allez vous coucher.
Écrivain, 1888-1948L’orage vous a donné sur les nerfs, ma pauvre femme. Allez vous coucher.
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Source vérifiée
La Joie (FR) (1929) (1929)
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J’ai le cœur tellement sec.
Tu trouveras ton arrosoir, répond-elle du tac au tac.
Marche dans ta douleur, sinon elle te clouera.
C’est celui dont tu as soigné l’impuissance qui te prend ta femme.
Faire l’amour à sa femme, c’est comme tirer un canard endormi.
Ma femme s’est pendue dans la grange, une nuit que j’étais à l’espère du lièvre.
Fou n’y puis, sain n’y daigne, névrosé je suis.
Comme elle avait dû souffrir, la pauvre, de mon innocent bavardage, tandis qu’étendue sur le gril brûlant de l’impatience elle attendait, l’âme tremblante, un premier geste de tendresse, ou tout au moins que je m’aperçoive de sa passion !
La vérité, thorgal de mon cœur, c’est que tu en avais assez de ta marmaille, de ton lit bien douillet et de ta marmite sur le feu tous les soirs. Tu voulais ta liberté, et à présent, tu t’offres le luxe d’avoir des remords.
Et là t’as un réflexe. Humain certes, mais très bizarre : tu restes accroché au truc.
Combien de milliers de mes plus pauvres sujets sont à cette heure endormis ! Ô sommeil, ô doux sommeil, tendre infirmier de la nature, quel effroi t’ai-je causé, que tu ne veux plus fermer mes paupières et plonger mes sens dans l’oubli !

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