Faire semblant. Semblant de bien aller, de vivre comme les autres, ou comme l’année passée. Même quand on enrage de dire certain soir qu’on ne pense qu’à sa fille, ou d’avouer enfin la douleur qu’on aurait tant besoin d’exorciser.
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- La vie lui semble si douce tout d’un coup, de ces moments où l’on se dit que l’on ferait bien une pause ici, que l’on arrêterait le marque-page de sa vie à cet instant précis.
- Pour mon arrière saison, - Je ne vois et n’envisage, - Que le malheur d’être sage.
- L’orage vous a donné sur les nerfs, ma pauvre femme. Allez vous coucher.
- J’attends que ma mère, sous la lune qui est son message, apparaisse peut-être. Mais seuls les souvenirs arrivent. Les souvenirs, cette terrible vie qui n’est pas de la vie et qui fait mal.
- Mais il est triste de se dire Qu’on a gaspillé sa jeunesse, qu’on l’a trahie à chaque instant Et qu’elle nous l’a bien rendu, que les meilleurs de nos désirs, que les plus pures rêveries Sont allés à la pourriture Comme les feuilles de l’automne.
- Il est un âge où l’on finit par pardonner aux belles les dédains qu’elles nous montrent. Les jeunes gens admirent et désirent tout à-la-fois; plus tard ils se bornent à admirer.
- Peut-être même que l’enfance, ça n’existe pas. Peut-être qu’à n’importe quel âge, on encaisse le monde comme il va et puis c’est tout. Et seulement certaines heures en s’écoulant font comme des marques noires qui vous construisent.
- Votre jeunesse s’en ira, votre beauté avec elle, et vous découvrirez tout à coup qu’il faudra faire votre deuil des triomphes, ou bien vous contenter des triomphes médiocres, rendus plus amers que des défaites par le souvenir glorieux du passé.
- Le bon sens populaire a fait, depuis longtemps, justice d’une expression malheureuse : on ne dit plus jamais fille de joie, on pense parfois fille de douleur.
- Plus tard peut-être, trop tard pour moi, ils vous enlèveront d’un simple coup de bistouri les tumeurs de l’amour, et ses affres. Une série de piqûres vous permettre de ne plus même vous rappeler le terrible visage de l’être aimé.
- Jeune homme, au cours de ce grand voyage qu’est la vie, nous sommes pour la plupart du temps responsables de notre infortune.
- On ne possède bien que ce que l’on partage. Tu satisfais enfin, pour la première fois, ce double instinct qui est en toi de dominer et de servir. Tu te sens regardé. Tu agis moins et mieux.
- Si tu te confrontes à tes erreurs seulement une ou deux fois dans ta vie, ça risque de te faire terriblement mal. Moi, je fais un examen de conscience chaque jour - comme ça, c’est pas plus douloureux qu’un rasage à sec.
- Mon sentiment c’était comme une maison où on ne va qu’aux vacances. C’est à peine habitable. Et puis aussi c’est exigeant un agonique. Agoniser ne suffit pas. Il faut jouir en même temps qu’on crève, avec les derniers hoquets faut jouir.
- Enfin, mon conseil permanent est celui-ci : Voulez ! En avez-vous essayé ? Prenez donc un parti ! Ne soyez pas lâche envers vous ! Mais non, vous caressez votre douleur comme un petit enfant chéri que l’on allaite et qui vous mord la mamelle.