Son sommeil était, de beaucoup, ce qu’elle avait de plus profond.
Dramaturge, 1885-1957 Image : Studio Harcourt, Domaine public, Wikimedia Commons Son sommeil était, de beaucoup, ce qu’elle avait de plus profond.
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un demi-siècle d'amour, de théâtre et d'esprit
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Ma femme s’est pendue dans la grange, une nuit que j’étais à l’espère du lièvre.
Faire l’amour à sa femme, c’est comme tirer un canard endormi.
Elle dormait. Elle dormait de ce sommeil d’absolue confiance propre à son âge. Les bras des mères sont faits de tendresse les enfants y dorment profondément.
Une femme qui perd son amour perd aussi le sommeil.
L’absence. Le lit comme un désert. J’ai mesuré la durée de mon sommeil à l’étendue qui nous sépare.
Chaque réveil était insupportable, juste après la première minute d’inconscience. Puis, c’était devenu rituel, elle se faisait la réflexion. Tiens, je vais bien ce matin et aussitôt ça lui revenait, pourquoi elle irait mal.
L’orage vous a donné sur les nerfs, ma pauvre femme. Allez vous coucher.
Elle s’est endormie dans mes bras. Je n’ai jamais reçu de plus beau don que cette facon qu’elle avait de dormir sur ma poitrine dans une attitude de confiance et de sécurité totale.
Le fichu caractère de ma femme avait des causes physiologiques. Son opération l’a transformée. Evidemment, elle sera toujours un peu châtaigne sous bogue, mais elle devient vivable.
J’étais encore dans le salon voisin à attendre sa délivrance, lorsque ma belle-mère vint me dire : venez embrasser votre femme et la sauver du désespoir ; votre enfant est mort en naissant.

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