Connaître, c’est connaître par les causes. Comprendre, c’est remonter aux origines. Dans la forêt, dans la savane, sur la mer, dans les sables du désert, le commencement des commencements, le début de toutes choses est le mythe majeur des hommes.
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- Pour comprendre l’histoire, continua-t-il, il faut entrer dans la maison et écouter ce que se racontent les ancêtres. Regarder les livres sur les rayons et les tableaux accrochés aux murs. Sentir les odeurs.
- Le mystère crée l’émerveillement et l’émerveillement est la base du désir de l’homme de comprendre.
- Etre moderne n’est pas une mode, c’est un état. Il faut comprendre l’histoire, et celui qui comprend l’histoire sait trouver une continuité entre ce qui était, ce qui est et ce qui sera.
- Choisis la philosophie qui aide à comprendre le monde, à se mettre à distance. Tu devras lire les mystiques et additionner les interrogations qu’ils suscitent. Tu aimeras l’extase, elle est en eux, ne te laisse pas abîmer par le quotidien, vise l’infini.
- C’est l’esprit même de la Nature, cette puissance épouvantable de dévastation et d’engloutissement : - et ce qu’on voit, tout cela n’est-il pas, déjà, un butin pris au ciel, la ruine immense des magnificences passées, les reliefs d’un repas effroyable ?
- L’homme qui du désert connaît le secret ne peut vieillir. La mort viendra, tournera autour de la dune puis repartira. Le jour sera sévère, mais la nuit ne troublera point le regard profond de ce visage qui bâtit des demeures dans la patience.
- Le jour s’éveillait et à sa blancheur première le village s’éveillait avec ses mille bruits. Devant ce contraste de vie et de mystères, de lumière et de ténèbres, je méditai un moment : «Mon Dieu, comme les morts restent seuls ! ».
- Tout ce qui a un nom existe. Les hommes, les plantes, les pays, les légendes. Un nom c’est toujours le bourgeon d’un destin.
- La poésie est née des premiers étonnements devant la vie, quand l’humanité naissante s’interrogea sur les premiers mystères de l’existence. C’est ainsi que l’universel fut, dès l’origine, local.
- Souvent je ne pouvais m’empêcher de croire que ce qui me donnait, en pensant à elle, la troublante cuisson de tels désirs, était un de ces faits pathologiques et monstrueux qui dominent également la science de l’homme et sa volonté.
- Le désert était, dans les croyances populaires, la demeure des démons. Il existe au monde peu de régions plus désolées, plus abandonnées de Dieu, plus fermées à la vie que la pente rocailleuse qui forme le bord occidental de la mer Morte.
- Des cailloux, du sable, ces drôles d’arbres dont les épines tranchent comme des poignards, tout ça sous un soleil à vous rissoler la cervelle... Comment les dieux ont-ils bien pu créer un pays pareil ?
- C’est l’imagination qui a enseigné à l’homme le sens moral de la couleur, du contour, du son et du parfum. Elle a créé, au commencement du monde, l’analogie et la métaphore.
- Pourquoi dès que l’homme pose le pied quelque part, le désert, la lune, il commence à se demander ce qu’il pourrait bien en tirer ?
- C’est ainsi que l’on devient un homme, un conquérant, un Attila en herbe : en reniant son passé, en écrasant autrui; surtout s’il est petit; surtout s’il nous renvoie l’image de ce que l’on fut naguère.