Des cailloux, du sable, ces drôles d’arbres dont les épines tranchent comme des poignards, tout ça sous un soleil à vous rissoler la cervelle... Comment les dieux ont-ils bien pu créer un pays pareil ?
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- Les petits esprits triomphent des fautes des grands génies, comme les hiboux se réjouissent d’une éclipse de soleil.
- La mer est proche, vivante, arrogante. St-Ex et son mécanicien étaient loin de tout, dans un chaos de roches friables figées dans le sable. C’était comme ici. Le Simoun démantelé, l’avion d’Antoine, est comme un insecte séché au soleil, la carapace déchirée, les ailes cassées. Cinéma.
- Rien çà-bas qui ne soit par naturel devoir, esclave de labeur : non seulement nous hommes, qui vrais enfants de peine et de misère sommes, mais le Soleil, la Lune et les Astres des Cieux Font avecques travail leur tour laborieux.
- L’homme fut sûrement le voeu le plus fou des ténèbres; c’est pourquoi nous sommes ténébreux, envieux et fous sous le puissant soleil.
- Dieu a mis un art secret dans les forces de la nature pour lui permettre de se façonner du chaos en un système mondial parfait.
- Comment créer Dieu en si peu de terre ?
- De quelque côté que tu regardes, elle te semble différente, pourtant c’est la même montagne. Il en est ainsi de tout ce qui a été créé : ce sont les nombreuses faces du même Dieu.
- La pensée que l’humanité était perdue presque tout entière l’effleura soudain : dès l’éveil des sens, le démon reprenait ses droits, et seuls les enfants et quelques saints voyaient Dieu en paradis; tout le reste brûlait sans fin, brûlait à jamais.
- Ecrire comme un chien qui fait son trou, un rat qui fait son terrier. Et, pour cela, trouver son propre point de sous-développement, son propre patois, son tiers monde à soi, son désert à soi.
- Glaciers, soleils d’argent, flots nacreux, cieux de braises, echouages hideux au fond des golfes bruns Où les serpents géants dévorés des punaises Choient, des arbres tordus avec de noirs parfums.
- Le désert était, dans les croyances populaires, la demeure des démons. Il existe au monde peu de régions plus désolées, plus abandonnées de Dieu, plus fermées à la vie que la pente rocailleuse qui forme le bord occidental de la mer Morte.
- Des copulateurs sans conscience. Ils ne s’obsèdent que sur la baise, le cinoche, le fric, la famille, tout ce qui tourne autour du sexe. Sous leur crâne, on ne trouve que du coton. Ils gobent tout, dieu comme la patrie, sans jamais se poser la moindre question.
- C’est l’idée morale des choses qui nous effraye; un serpent nous fait horreur dans la nature, et les boudoirs de jolies femmes sont remplis d’ornements de ce genre : tous les animaux en pierre que nous ont laissés les Égyptiens, des crapauds, etc.
- Vainement un dieu, dans sa prévoyance, mit entre les terres, pour les désunir, la barrière de l’Océan, puisque, malgré tout, des esquifs impies franchissent de leurs bonds l’étendue inviolable des eaux.
- C’est l’esprit même de la Nature, cette puissance épouvantable de dévastation et d’engloutissement : - et ce qu’on voit, tout cela n’est-il pas, déjà, un butin pris au ciel, la ruine immense des magnificences passées, les reliefs d’un repas effroyable ?