Rien çà-bas qui ne soit par naturel devoir, esclave de labeur : non seulement nous hommes, qui vrais enfants de peine et de misère sommes, mais le Soleil, la Lune et les Astres des Cieux Font avecques travail leur tour laborieux.
Poète, 1524-1585Rien çà-bas qui ne soit par naturel devoir, esclave de labeur : non seulement nous hommes, qui vrais enfants de peine et de misère sommes, mais le Soleil, la Lune et les Astres des Cieux Font avecques travail leur tour laborieux.
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Hymne de la Mort
… Où est l’homme çà-bas, s’il n’est bien miserable, Et lourd d’entendement, qui ne veuille estre hors De l’humaine prison de ce terrestre corps? Ainsi qu’un prisonnier qui jour et nuict endure Les manicles aux mains, aux pieds la chesne dure, Se doit bien resjouyr à l’heure qu’il se voit Delivré de prison: Ainsi l’homme se doit Resjouyr grandement, quand la mort lui deslie Le lien qui serroit sa miserable vie, » Pour vivre en liberté: car on ne sçauroit voir »Rien çà-bas qui ne soit par naturel devoir » Esclave de labeur: non seulement nous hommes » Qui vrais enfans de peine et de misere sommes, Mais le Soleil, la Lune et les Astres des Cieux Font avecques travail leur tour laborieux: La mer avec travail deux fois le jour chemine: La terre, tout ainsi qu’une femme en gesine (Qui pleine de douleur met au jour ses enfans) Ses fruits avec travail nous produit tous les ans: Ainsi Dieu l’a voulu, à fin que seul il vive Afranchy du labeur, qui la race chetive Des humains va rongeant de soucis langoureux. Pource l’homme est bien sot, ainçois bien mal heureux Qui a peur de mourir, et mesmement à …
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L’homme et le Citoyen, quel qu’il soit, n’a d’autre bien à mettre dans la société que lui-même, tous ses autres biens y sont malgré lui.
Le travail est l’aliment des âmes nobles.
Les hommes à un moment donné sont maîtres de leur destin. La faute, cher Brutus, ce n’est pas à nos étoiles, mais à nous-mêmes, que nous sommes des subalternes.
Rien n’est plus stérile que de s’atteler à des tâches inutiles.
Les enfants…
Nous n’existons vraiment que par ces petits êtres,
Qui dans tout notre cœur s’établissent en maîtres,
Qui prennent notre vie et ne s’en doutent pas,
Et n’ont qu’à vivre heureux pour n’être point ingrats.
Tout est vain en nous, excepté le sincère aveu que nous faisons devant Dieu de nos vanités.
J’ai peine à croire qu’on parvienne un jour à démontrer que nous sommes l’œuvre d’un être suprême et non pas, comme il me semble, celle d’un être imparfait qui nous a fabriqués en guise de passe-temps.
Il y a besoin de si peu, pour écrire. Il n’y a besoin que d’une vie pauvre, si pauvre que personne n’en veut et qu’elle trouve asile en dieu, ou dans les choses. Une abondance de rien.
Dans le monde il n’est rien de beau que l’équité : Sans elle la valeur, la force, la bonté, et toutes les vertus dont s’éblouit la terre, ne sont que faux brillants, et que morceaux de verre.
Seuls, les puissants et les grands brigands confondent la vie et le monde. Ils sont fous ; ils croient que pour atteindre le paradis il suffit de poser son cul sur la tête des pauvres et de les cravacher pour les pousser au ciel.

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