Tout est vain en nous, excepté le sincère aveu que nous faisons devant Dieu de nos vanités.
Écrivain, 1627-1704Tout est vain en nous, excepté le sincère aveu que nous faisons devant Dieu de nos vanités.
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Oraisons funèbres (1670)
Non, après ce que nous venons de voir, la santé n'est qu'un nom, la vie n'est qu'un songe, la gloire n'est qu'une apparence, les grâces et les plaisirs ne sont qu'un dangereux amusement:tout est vain en nous, excepté le sincère aveu que nous faisons devant Dieu de nos vanités, et le jugement arrêté qui nous fait mépriser tout ce que nous sommes.
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Dieu ne nous remplit qu’autant que nous sommes vides.
Et que Dieu aime toute la nature.
Je ne partage pas ce sentiment.
Dieu fit des erreurs et des dégâts énormes.
Les nôtres ne sont rien, en comparaison.
Tout notre mal vient de ne pouvoir être seuls : de là le jeu, le luxe, la dissipation, le vin, les femmes, l’ignorance, la médisance, l’envie, l’oubli de soi-même et de Dieu.
Nous grouillons comme des vers sur un fonds effroyable d’égoïsme, alors que nous avons en nous la promesse d’hériter dès l’oubli de nous-mêmes, la conscience divine.
L’humilité est la véritable preuve des vertus chrétiennes : sans elle, nous conservons tous nos défauts, et ils sont seulement couverts par l’orgueil, qui les cache aux autres, et souvent à nous-mêmes.
Oui, je le sais, nous ne sommes que de vaines formes de la matière, mais bien sublimes pour avoir inventé Dieu et notre âme.
Le Dieu que je vénère ne déclenche ni pensées ni actions négatives. Il éclaire, il apaise, il produit de l’amour. Loin d’augmenter les fissures ou d’amplifier les divisions, il nous fait pénétrer dans l’unité et l’harmonie du Tout. Il nous remplit de reconnaissance, pas de jalousie. Il comble nos frustrations ou nous signale leur ridicule. Il nous agrandit au lieu de nous rapetisser, tout en nous ramenant à une humilité modeste. Ce Dieu-là n’exige pas qu’on tue mais qu’on aime et qu’on perpétue la vie.
Nos raisons et nos discours humains, c’est comme la matière lourde et stérile : la grâce de Dieu en est la forme ; c’est elle qui y donne la façon et le prix.
Dieu a exploité tous nos complexes d’infériorité en commençant par notre incapacité de croire à notre propre divinité.
Nous nous en remettons à Dieu parce que nous savons que nous ne pouvons pas compter sur nous. Nous serons sourds aux cris de nos camarades, et nous prions que Dieu ne le soit pas.

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