L’homme et le Citoyen, quel qu’il soit, n’a d’autre bien à mettre dans la société que lui-même, tous ses autres biens y sont malgré lui.
Écrivain · 1712-1778 Image : Maurice Quentin de La Tour · Domaine public · Wikimedia Commons L’homme et le Citoyen, quel qu’il soit, n’a d’autre bien à mettre dans la société que lui-même, tous ses autres biens y sont malgré lui.
Écrivain · 1712-1778 Image : Maurice Quentin de La Tour · Domaine public · Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Émile, ou De l’éducation (1782), livre III
L’homme & le Citoyen, quel qu’il soit, n’a d’autre bien à mettre dans la société que lui-même, tous ses autres biens y sont malgré lui; & quand un homme est riche, ou il ne jouit pas de sa richesse, ou le public en jouit aussi. Dans l premier cas, il vole aux autres ce dont il se prive; & dans le second, il ne leur donne rien. Ainsi la dette sociale lui reste tout entiere, tant qu’il ne paye que de son bien. …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Tout homme a naturellement droit à tout ce qui lui est nécessaire ; mais l’acte positif qui le rend propriétaire de quelque bien l’exclut de tout le reste. Sa part étant faite, il doit s’y borner, et n’a plus aucun droit à la communauté.
De nos jours, l’homme du monde est celui qui a assez d’argent pour faire ce que feraient tous les sots, s’ils en avaient les moyens : c’est-à-dire consommer sans produire.
On a trop oublié que l’individualité des hommes, une construction sociale, ne peut logiquement valoir que ce que vaut le sort que leur réserve la vie sociale.
Il n’y a rien que les hommes aiment mieux à conserver et qu’ils ménagent moins que leur propre vie.
Il faut croire que l’homme a voulu vivre en société, puisque la société existe, mais aussi, depuis qu’elle existe, l’homme emploie une bonne part de son énergie et de son astuce à lutter contre elle.
Je me répétais : Si on doit un jour ne plus comprendre comment un homme a pu donner sa vie pour quelque chose qui le dépasse, ce sera fini de tout un monde, peut-être de toute une civilisation.
Il n’est aucun mortel qui puisse se dire libre. Esclave des richesses ou de la fortune, soumis aux caprices de la multitude, ou aux ordres arbitraires des lois, l’homme, dans sa conduite, ne dépend jamais de lui-même.
Une société où tout ce qui n’a pas un prix, un tarif, n’a pas de valeur et où l’indispensable – comme la nourriture – est banalisé donne à l’argent un pouvoir totalitaire sur cette société.
La plupart des malheurs de l’humanité viennent du fait que bien des hommes, surtout ceux qui exercent le pouvoir et possèdent la richesse, ne se sont jamais interrogés sur la signification de leur existence.
L’argent et le pouvoir ne nous survivent pas. L’homme n’invente l’éternité de son existence que dans les sentiments qu’il partage.

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