Il n’est aucun mortel qui puisse se dire libre. Esclave des richesses ou de la fortune, soumis aux caprices de la multitude, ou aux ordres arbitraires des lois, l’homme, dans sa conduite, ne dépend jamais de lui-même.
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- Il n’est, dit-on, qu’un seul bien qui puisse défier la vie : c’est une conscience juste et droite, chez tout homme qui la possède.
- L’homme est condamné à être libre; condamné parce qu’il ne s’est pas créé lui-même, et par ailleurs cependant libre parce qu’une fois jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu’il fait.
- Ne te laisse jamais enfermer dans une Cité Unifiée : tu y perdrais bien plus que ton âme. L’homme qui sacrifie sa liberté au nom de la sécurité jette de la terre sur le rêve humain.
- La tyrannie ne surgit et ne s’instaure dans aucun autre régime politique que la démocratie : c’est de l’extrême liberté que sort la servitude la plus totale et la plus rude.
- Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La liberté est un présent du ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d’en jouir aussitôt qu’il jouit de la raison.
- Il n’y a pas une seule culture au monde où il soit permis de tout faire. ET on sait bien depuis longtemps que l’homme ne commence pas avec la liberté mais avec la limite et la ligne de l’infranchissable.
- Ne jamais dire d’un homme qu’il est déshonoré. Des actions, des groupes, des civilisations peuvent l’être. Non l’individu. Car s’il n’a pas conscience du déshonneur il ne peut perdre un honneur qu’il n’a jamais eu.
- La plupart des malheurs de l’humanité viennent du fait que bien des hommes, surtout ceux qui exercent le pouvoir et possèdent la richesse, ne se sont jamais interrogés sur la signification de leur existence.
- Les hommes fantasment la liberté plus qu’ils ne l’utilisent, ils la gardent précieusement sur une étagère au lieu de l’employer. Là, elle sèche, se racornit et meurt bien avant eux. Car la liberté n’existe que si l’on s’en sert.
- La vie d’un homme, fût-il esclave, est sacrée et personne n’a le droit de la supprimer ou même de se donner à mort.
- Quel est l’homme qui ne meurt pas insolvable envers son père ? Il lui doit la vie, et ne peut la lui rendre. La terre fait constamment faillite au soleil ! La vie, madame, est un emprunt perpétuel ! Et n’emprunte pas qui veut !
- Lorsqu’un homme, pour quelque raison que ce soit, a l’opportunité de mener une vie extraordinaire, il n’a pas le droit de la garder pour lui-même.
- L’homme est certes libre de faire ce qu’il veut, mais il ne peut vouloir ce qu’il veut.
- Si l’homme veut se faire Dieu, il s’arroge le droit de vie ou de mort sur les autres. Fabricant de cadavres, et de sous-hommes, il est sous-homme lui-même et non pas Dieu, mais serviteur ignoble de la mort.
- Devant le trône du Tout-Puissant, l’homme ne sera pas jugé sur ses actes mais sur ses intentions. Car Dieu seul lit dans nos coeurs.