Quel est l’homme qui ne meurt pas insolvable envers son père ? Il lui doit la vie, et ne peut la lui rendre. La terre fait constamment faillite au soleil ! La vie, madame, est un emprunt perpétuel ! Et n’emprunte pas qui veut !
Image : Quel est l’homme qui ne meurt...

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- La gloire est le soleil des morts, de ton vivant, tu seras malheureux comme tout ce qui fut grand, et tu ruineras tes enfants.
- Il faut mourir pour savoir ce que c’est que des enfants. Ah ! Mon ami, ne vous mariez pas, n’ayez pas d’enfants ! Vous leur donnez la vie, ils vous donnent la mort. Vous les faites entrer dans le monde, ils vous en chassent.
- Ah ! La gloire, triste denrée. Elle se paye cher et ne se garde pas. Ne serait-elle point l’égoïsme des grands hommes, comme le bonheur est celui des sots.
- Rien çà-bas qui ne soit par naturel devoir, esclave de labeur : non seulement nous hommes, qui vrais enfants de peine et de misère sommes, mais le Soleil, la Lune et les Astres des Cieux Font avecques travail leur tour laborieux.
- Pour l’homme humble, et pour lui seulement, le soleil est vraiment un soleil; pour l’homme humble, et pour lui seulement la mer est vraiment une mer.
- L’homme n’emporte dans la mort que ce qu’il renonça de posséder dans la vie.
- Messieurs, un peu de cran : celui qui n’est pas mort garde un espoir de vie ! - Vivre et ne pas mourir, ça fait deux.
- L’homme accepte la mort mais non l’heure de sa mort. Mourir n’importe quand, sauf quand il faut que l’on meure !
- L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers s’arme pour l’écraser : une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui; l’univers n’en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il faut nous relever et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale.
- Tout homme qui possède au-delà de ce qui est indispensable à sa vie matérielle et spirituelle est un millionnaire, par conséquent un débiteur de ceux qui ne possèdent rien.
- Je plains un homme sans vache, je plains un homme sans mouton, mais question d’un homme sans cheval, dur pour lui de rester au monde longtemps.
- Il n’est aucun mortel qui puisse se dire libre. Esclave des richesses ou de la fortune, soumis aux caprices de la multitude, ou aux ordres arbitraires des lois, l’homme, dans sa conduite, ne dépend jamais de lui-même.
- Quand l’homme se reconnaît trop faible pour réaliser ses désirs et satisfaire son orgueil, il les reporte, enfant, sur ses parents, homme vaincu par la vie, sur ses enfants à son tour.