Quand l’homme est, ou se reconnaît trop faible pour accomplir ses désirs et satisfaire son orgueil, il les reporte, enfant, sur ses parents, homme vaincu par la vie, sur ses enfants à son tour.
Écrivain, 1866-1944Quand l’homme est, ou se reconnaît trop faible pour accomplir ses désirs et satisfaire son orgueil, il les reporte, enfant, sur ses parents, homme vaincu par la vie, sur ses enfants à son tour.
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Source vérifiée
L’Aube (1905), chapitre II
Le texte original diffère de quelques mots.
… C’est un tel besoin chez l’enfant! C’est sans doute une des formes de l’éternel amour de soi.Quand l’homme est, ou se reconnaît trop faible pour accomplir ses désirs et satisfaire son orgueil, il les reporte, enfant, sur ses parents, homme vaincu par la vie, sur ses enfants à son tour.Ils sont, ou ils seront tout ce qu’il a rêvé d’être, ses champions, ses vengeurs; et dans cette abdication orgueilleuse à leur profit, l’amour et l’égoïsme se mêlent avec une force et une douceur enivrantes. …
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Il faut tant d’élan en soi, tant de passion énergique pour conduire un enfant vers l’homme ou la femme qu’il promet.
La crédulité est la faiblesse de l’homme, mais la force de l’enfant.
On ne songe qu’à conserver son enfant ; ce n’est pas assez ; on doit lui apprendre à se conserver étant homme, à supporter les coups du sort, à braver l’opulence et la misère…
L’homme est fondamentalement désir d’être et le désir est manque.
Un homme peut se résoudre à l’idée de perdre sa vie, mais pas à l’absence de ceux qu’il aime.
L’homme se fait ; il n’est pas tout fait d’abord, il se fait en choisissant sa morale, et la pression de circonstances est telle qu’il ne peut pas ne pas en choisir une.
Comment le mensonge ne serait-il pas une tentation quand l’homme faible et puéril est si vite ébloui.
Enfermé dans la souffrance, isolé dans le plaisir, solitaire dans la mort, l’homme est condamné, par sa condition même, à ne jamais satisfaire un désir de communication auquel il ne saurait renoncer.
Une production qui aspire à multiplier les biens de l’existence requiert chez les hommes des envies insatiables, qui s’allument d’autant plus qu’elles se satisfont davantage.
L’homme moderne se promène à travers les pauvres, enjambe les mendiants, convaincu que son sacrifice au travail justifie son indifférence. Mieux, il arrive à se convaincre que, s’ils sont pauvres, c’est parce qu’ils refusent le sacrifice.

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