Si l’homme veut se faire Dieu, il s’arroge le droit de vie ou de mort sur les autres. Fabricant de cadavres, et de sous-hommes, il est sous-homme lui-même et non pas Dieu, mais serviteur ignoble de la mort.
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- La certitude d’un dieu qui donnerait son sens à la vie surpasse de beaucoup en attrait le pouvoir impuni de mal faire.
- On ne peut pas bien vivre en sachant que l’homme n’est rien et que la face de Dieu est affreuse.
- L’agonie serait légère si elle n’était soutenue par l’espoir éternel. Pour que le dieu soit un homme, il faut qu’il désespère.
- A son lit de mort, l’homme songe plutôt à élever son âme vers Dieu que les lapins.
- O homme ! Le plus égoïste de tous les animaux, la plus personnelle de toutes les créatures, qui croit toujours que la terre tourne, que le soleil brille, que la mort fauche pour lui tout seul; fourmi maudissant Dieu du haut d’un brin d’herbe !
- Et sans doute l’être du résistant torturé devient-il un être-pour-la-mort mais c’est aussi un être ouvert au monde, projeté vers les autres : un être-avec, dont la mort individuelle, éventuelle, probable, nourrit la vie.
- Dieu ne nous a rendus égaux que par la mort.
- Dieu a créé des hommes inachevés dans un monde inachevé pour les laisser être. Les hommes doivent se réaliser eux-mêmes.
- Dieu est pour le bien des hommes à quelques conditions : qu’on l’honore, qu’on le prie, qu’on lui fasse des sacrifices. Sinon, dieu devient terrible ! Il te fait le déluge, l’exil, la guerre, la sécheresse, la foudre, au choix.
- Le combattant qui trouve la mort au service de Dieu n’a point plus de mérite que celui qui pardonne tout en étant puissant : sa clémence le rend comparable aux anges.
- Devant le trône du Tout-Puissant, l’homme ne sera pas jugé sur ses actes mais sur ses intentions. Car Dieu seul lit dans nos coeurs.
- En certaines situations, il n’y a place que pour une alternative dont l’un des termes est la mort. Il faut faire en sorte que l’homme puisse, en toute circonstance, choisir la vie.
- Il n’est aucun mortel qui puisse se dire libre. Esclave des richesses ou de la fortune, soumis aux caprices de la multitude, ou aux ordres arbitraires des lois, l’homme, dans sa conduite, ne dépend jamais de lui-même.
- Dans un monde injuste ou indifférent, l’homme peut se sauver lui-même, et sauver les autres, par l’usage de la sincérité la plus simple et du mot le plus juste.
- Dans la mesure où l’homme est capable de donner la mort, et c’est même ce qu’il fait de mieux ! Pourquoi n’arriverait-il pas à créer la vie ?