On oublie que la vie, ici comme ailleurs, est un luxe, et qu’il n’est nulle part de terre bien profonde sous le pas des hommes.
Écrivain, 1900-1944 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons On oublie que la vie, ici comme ailleurs, est un luxe, et qu’il n’est nulle part de terre bien profonde sous le pas des hommes.
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Terre des hommes (1939)
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L’homme et le Citoyen, quel qu’il soit, n’a d’autre bien à mettre dans la société que lui-même, tous ses autres biens y sont malgré lui.
Il n’y a rien que les hommes aiment mieux à conserver et qu’ils ménagent moins que leur propre vie.
Il n’y a d’autre richesse que la vie.
On a trop oublié que l’individualité des hommes, une construction sociale, ne peut logiquement valoir que ce que vaut le sort que leur réserve la vie sociale.
Il me semble qu’à égalité d’esprit et de lumières, l’homme né riche ne doit jamais connaître aussi bien que le pauvre, la nature, le cœur humain et la société. C’est que, dans le moment où l’autre plaçait une jouissance, le second se consolait par une réflexion.
Combien généreuse est la vie pour l’homme, mais combien l’homme se tient éloigné de la vie !
On peut habiter le monde sans le comprendre, il suffit de pouvoir en obtenir de la nourriture, des caresses et de l’amour.
Le vrai luxe, c’est l’amitié. Tu peux passer une vie sans un seul vrai ami. L’amitié c’est comme le saucisson. C’est l’homme qui a fait le saucisson. Dieu n’y aurait jamais pensé.
Comme si le repos dans la mort ne vous avait pas semblé, à vous, un paradis trop beau dont l’homme est exclu.
Le luxe est le refus fondamental de l’être humain de limiter sa vie à une survie.

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