Comme si le repos dans la mort ne vous avait pas semblé, à vous, un paradis trop beau dont l’homme est exclu.
Écrivain, 1885-1972Comme si le repos dans la mort ne vous avait pas semblé, à vous, un paradis trop beau dont l’homme est exclu.
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Les Hommes de bonne volonté
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Mais un homme qui a fait une fois un bond dans le Paradis, comment pourrait-il s’accommoder ensuite de la vie de tout le monde ?
Si Dieu ne pardonnait pas, son paradis resterait vide.
On rêve beaucoup du paradis, ou plutôt de nombreux paradis successifs, mais ce sont tous, bien avant qu’on ne meure, des paradis perdus, et où l’on se sentirait perdu.
Qu’on l’imagine céleste ou terrestre, l’immortalité, quand on tient à la vie, ne console pas de la mort.
C’est une chose curieuse… Que chaque croyance promette un paradis qui sera absolument inhabitable pour toute personne de goût civilisé.
Si le péché originel n’avait pas eu lieu, nous serions certes restés dans le paradis terrestre mais avec la conscience d’un petit animal.
Au jour du jugement dernier, si Dieu ne fermait pas un peu les yeux, son paradis serait aussi peuplé que le désert.
La terre n’est-elle pas un siège suffisant pour un homme dont elle doit être, après sa mort, la demeure éternelle ?
L’enfer ce n’est pas les autres. Ils seraient bien plutôt notre Paradis – avec des petits coins de purgatoire çà et là.
Il n’y a pas d’autre paradis que celui dont on vous donne le regret.

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