Le cinématographe a cinquante ans... Fort peu pour une Muse qui s’exprime par l’entremise de fantômes et d’un matériel encore en enfance si on le compare à l’usage de l’encre et du papier.
Image : Le cinématographe a cinquante ans... Fort...

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- Le cinéma, c’est l’écriture moderne dont l’encre est la lumière.
- Je me demande si la jeunesse moderne qu’on bouscule et qu’on décourage en lui répétant qu’il n’y aura pas de lendemain connaît encore cet acharnement à lire que nous eûmes, à aimer tomber malade pour lire.
- L’art est une sorte de scandale, un exhibitionnisme dont la seule excuse est qu’il s’exerce chez les aveugles.
- La photographie, devenue le cinéma, a enlevé à la peinture son rôle le plus important. Autrefois la peinture avait pour mission de garder l’image de la vie des hommes dans le temps. Aujourd’hui, tout est différent.
- C’était ça, la jeunesse, songea-t-il, des rêves, des illusions, la vie présentée comme un chatoyant mirage... Une publicité clinquante vendue par une agence de voyages pour un séjour qui se révélerait très éloigné du prospectus... Et aucun bureau de réclamations en vue.
- Enfant déjà, quand je finissais un dessin, je tournais la page et j’en commençais un autre. Eh bien là, j’ai pris mes pinceaux pour peindre une nouvelle histoire.
- Ce n’est pas l’âge qui a raréfié les appels, c’est la société qui a changé et ne s’intéresse plus aux artistes.
- Préhistorique. Qui appartient à une période primitive et à un musée. Précédant l’art et la pratique du mensonge perpétué.
- Le cinéaste pense avec les yeux et les oreilles, le peintre avec les mains. La littérature est un refuge. Elle approfondit la vision du monde.
- L’art scénique, le seul qui tire l’oeuvre de sa fixité irrémédiable, de son irrémédiable solitude, est le plus beau et le plus tragique de tous. Il vit comme la vie, il meurt comme la vie.
- Comme un bateau est le poète âgé Ainsi qu’un dahlia le poème étagé, dahlia ! Dhalia ! Que Dalila lia.
- N’est-ce pas une vie bien ordonnée, que celle où l’on a consacré sa jeunesse à b..., son âge mûr à écrire, et sa vieillesse à dire la vérité ?
- Dans ce livre où il n’y a pas un seul fait qui ne soit fictif, où il n’y a pas un seul personnage «à clef», où tout a été inventé par moi selon les besoins de ma démonstration...
- C’est chose étrange que la mémoire; je suis incapable de retrouver son visage d’hier, son corps d’hier, ils s’effacent pour laisser la place à ceux d’aujourd’hui, dans le décor du passé.
- Les faits sont périssables, crois moi, seule la légende reste. Comme l’âme après le corps, comme le parfum dans le sillage d’une femme.