Sans avoir besoin de la mort pour exciter sa piété, sa piété s’excitait toujours assez elle-même, et prenait dans sa propre force un continuel accroissement.
Écrivain, 1627-1704Sans avoir besoin de la mort pour exciter sa piété, sa piété s’excitait toujours assez elle-même, et prenait dans sa propre force un continuel accroissement.
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Oraisons funèbres (1683)
… elle multiplie ses aumônes toujours abondantes; elle redouble ses dévotions toujours assidues; elle apporte de nouveaux soins à l’examen de sa conscience toujours rigoureux. Avec quel renouvellement de foi et d’ardeur lui vîmes-nous recevoir le saint viatique! Dans de semblables actions il ne fallut à Marie-Thérèse que sa ferveur ordinaire:sans avoir besoin de la mort pour exciter sa piété, sa piété s’excitait toujours assez elle-même, et prenait dans sa propre force un continuel accroissement.Que dirons-nous, chrétiens, de ces deux reines? Par l’une Dieu nous apprit comment il faut profiter du temps, et l’autre nous a fait voir que la vie vraiment chrétienne n’en a pas besoin. En effet, chrétiens, qu’attendons-nous? …
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À peine éblouie par sa gloire, sachant qu’elle lui a tout donné : courage, force, génie, respect de l’ordre et sens du devoir, elle s’efface et reste seule à ne pas perdre la tête au milieu de l’éblouissement du miracle impérial.
Il en est ainsi de la vie. Elle n’a de foi qu’en elle-même. Quand aucune pensée ne l’entrave elle va contre toute raison sans autre but que d’être encore, un jour, une heure, un pas de plus.
Les épreuves de la vie l’ont forcée, l’ont enlevée à l’existence qu’elle avait espérée, mais elles ne lui ont pas fait baisser les yeux.
Le chemin de la mort ne lui faisait plus peur, mais il n’avait pas l’intention de le parcourir seul.
Il faut un courage constant, une passion tenue -comme on dit d’une note ou d’un pari – pour oser être soi, pour ne pas renier ses valeurs ni ses rêves.
La fidélité pendant la vie, ce n’est rien ; mais mourir, paraître devant Dieu sans avoir trompé sa femme, quelle humiliation !
La vertu dans le monde est toujours poursuivie,
Les envieux mourront, mais non jamais l’envie.
Confronté à la roche, le ruisseau l’emporte toujours, non par la force mais par la persévérance.
On ne meurt pas d’un peu de patience supplémentaire.
Celui qui est mort est encore fort pour la vengeance, car la justice divine surveille tout et rendant à chacun suivant ses œuvres tient pour tous la balance égale.

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