Il semble que, pour certaines productions de l’esprit, l’hiver du corps soit l’automne de l’âme.
Essayiste, 1754-1824 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Il semble que, pour certaines productions de l’esprit, l’hiver du corps soit l’automne de l’âme.
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Pensées, essais et maximes, tome 1 (1850), Texte entier
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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La vieillesse nous attache plus de rides en l’esprit qu’au visage ; et ne se voit point d’âmes, ou fort rares, qui en vieillissant ne sentent l’aigre et le moisi.
La vieillesse nous paraîtrait naturelle, si l’âme n’était que l’idée du corps.
Le malheur qui se perpétue produit sur l’âme l’effet de la vieillesse sur le corps ; on ne peut plus remuer ; on se couche.
Le vrai mal de la vieillesse n’est pas l’affaiblissement du corps, c’est l’indifférence de l’âme.
Il n’y a probablement rien de plus vieux que la vieille âme d’un jeune homme ou d’une jeune femme moderne.
Qui veut apprendre la sagesse doit écouter la parole du vieillard.
Les conseils de la vieillesse éclairent sans échauffer, comme le soleil de l’hiver.
Quand on est jeune il ne faut pas remettre à philosopher, et quand on est vieux il ne faut pas se lasser de philosopher car jamais il n’est trop tôt ou trop tard pour travailler à la santé de l’âme.
Le philosophe doit regarder la vieillesse comme un préjugé.
À la froide sagesse assez souvent s’allie, comme pour l’égayer, quelque grain de folie.

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