On ne saurait conserver longtemps les sentiments qu’on doit avoir pour ses amis et pour ses bienfaiteurs, si on se laisse la liberté de parler souvent de leurs défauts.
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- La plupart des amis dégoûtent de l’amitié, et la plupart des dévots dégoûtent de la dévotion.
- Le plus grand effort de l’amitié n’est pas de montrer nos défauts à un ami, c’est de lui faire voir les siens.
- Quand nous exagérons la tendresse que nos amis ont pour nous, c’est souvent moins par reconnaissance que par le désir de faire juger de notre mérite.
- Être libre, c’est aussi ne pas agir en fonction du regard d’autrui. Or, bien souvent, nos actions ou nos réactions sont mues par le désir de plaire ou de ne pas déplaire, de se conformer aux usages communs ou bien au contraire de se rebeller contre eux, d’attirer l’attention ou de rester discrets. Agissant ainsi, nous sommes prisonniers du regard des autres. La sagesse consiste aussi à se libérer de ce regard pesant, bien souvent si intériorisé que nous n’en avons pas conscience.
- S’il ne fallait pas faire d’efforts pour conquérir le bonheur et la liberté, c’est que cela ne vaudrait pas la peine de les conquérir.
- L’on ne peut aller loin dans l’amitié, si l’on n’est pas disposé à se pardonner les uns aux autres les petits défauts.
- L’amitié, ce n’est pas d’être avec ses amis quand ils ont raison, c’est d’être avec eux même quand ils ont tort.
- Rien de plus malaisé que d’obtenir de nos amis qu’ils nous fichent la paix. Dès qu’on prend un peu le large par amour du silence, ils se croient trahis.
- On n’est jamais un ami très sûr quand on a beaucoup d’esprit. Car la tentation de faire un mot est toujours plus forte que toutes les considérations d’amitié.
- On a souvent plus d’envie de passer pour officieux que de réussir dans les offices, et souvent on aime mieux pouvoir dire à ses amis qu’on a bien fait pour eux que de bien faire en effet.
- On incommode souvent les autres quand on croit ne les pouvoir jamais incommoder.
- Le problème n’est plus d’amener les gens à s’exprimer mais de fournir des petits moments de solitude et de silence dans lesquels ils peuvent trouver quelque chose à dire.
- On veut bien faire le bonheur des autres. Mais on n’aime guère - quoi qu’on dise - que ces mêmes autres se mêlent du nôtre.
- À force de négliger les marques de l’amitié, on en perd le sentiment.
- Les gens ne comptent que leur malheur; leur bonheur, ils ne le comptent jamais. S’ils le comptaient comme il faut, ils comprendraient que chacun a sa part en réserve.