On incommode souvent les autres quand on croit ne les pouvoir jamais incommoder.
Écrivain, 1613-1680 Image : Théodore Chassériau, Domaine public, Wikimedia Commons On incommode souvent les autres quand on croit ne les pouvoir jamais incommoder.
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Réflexions ou sentences et maximes morales (1678), maxime 242
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Ne pas croire les autres capables de souffrir à son propre diapason est une forme subtile de mépris.
Le tort commun des malheureux est de ne jamais vouloir croire à ce qui leur est favorable.
Souvent, ceux qui sont au pouvoir se croient invulnérables.
Quand on est témoin de leur mal, on en souffre. Les plus pervers ne sauraient perdre tout à fait ce penchant : souvent il les met en contradiction avec eux-mêmes.
On n’a besoin que de soi pour réprimer ses penchants, on a quelquefois besoin d’autrui pour discerner ceux qu’il est permis de suivre.
On ne saurait conserver longtemps les sentiments qu’on doit avoir pour ses amis et pour ses bienfaiteurs, si on se laisse la liberté de parler souvent de leurs défauts.
Pourquoi ne fait-on l’effort de comprendre les autres que lorsqu’ils ne vous gênent plus ?
Être libre, c’est aussi ne pas agir en fonction du regard d’autrui. Or, bien souvent, nos actions ou nos réactions sont mues par le désir de plaire ou de ne pas déplaire, de se conformer aux usages communs ou bien au contraire de se rebeller contre eux, d’attirer l’attention ou de rester discrets. Agissant ainsi, nous sommes prisonniers du regard des autres. La sagesse consiste aussi à se libérer de ce regard pesant, bien souvent si intériorisé que nous n’en avons pas conscience.
On peut se quitter faute de pouvoir s’entendre, et conserver pourtant de l’estime l’un pour l’autre.
Comme ils sont fâcheux les gens qui ne supportent pas votre solitude.

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