Je n’ose plus me flatter d’une réponse; l’amour l’eût écrite avec empressement, l’amitié avec plaisir, la pitié même avec complaisance : mais la pitié, l’amitié et l’amour sont également étrangers à votre coeur.
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- L’amitié représente un sentiment faible, mais durable; l’amour, un sentiment fort, mais peu durable. L’envie, dont le rôle social devient si prépondérant, constitue un des rares sentiments possédant à la fois force et durée.
- Les déceptions de l’amitié se guérissent par l’indifférence; celles de l’amour par l’oubli.
- On dit que l’amour seul est aveugle ! Là où l’amitié est clairvoyante, elle est si froide, qu’elle est bien près de mourir.
- L’amour est un feu dévorant qui s’augmente par les obstacles, et qui s’éteint dès qu’il n’en rencontre plus. Il ne dure pas longtemps, et sa fin la plus heureuse est de se changer en amitié; car souvent il se tourne en haine.
- L’amour n’est pas une relation sociale. Ca ne se dit pas, ce sont des choses qui ne se disent pas. L’amour n’est traduit qu’en silence ou en cri.
- On peut aimer l’amour sans aimer personne; on peut aimer un être sans aimer l’amour. L’amour, parfois, est exigeant et tyrannique, conseiller de vengeance, d’injustice et de colère; d’autres savent aimer sans jalousie et sans haine.
- Amitié ou amour, il ne faut pas s’entendre sur l’essentiel, soit qu’on craigne d’en venir aux mains, soit qu’on redoute de s’ennuyer.
- Mais l’amour, c’est autre chose. L’amour ne laisse aucun répit. L’amour est insomniaque. L’amour est une démultiplication. L’amour est rapide. L’amour, c’est demain. L’amour est un tsunami. L’amour est rouge sang.
- Un jour l’amour demande à l’amitié : «pourquoi existes-tu ? » - et l’amitié lui répond : «pour sécher les larmes que tu fais couler».
- L’envie est détruite par la véritable amitié, et la coquetterie par le véritable amour.
- L’amitié est, de tous les sentiments, celui que j’aime le plus. Je vais même jusqu’à préférer un peu l’amitié à l’amour. L’amour prend trop de temps, trop d’âme; il apporte des bonheurs et des ennuis trop considérables; neuf fois sur dix il est assommant, et quand il n’est pas assommant, c’est pire. On laisse tout pour courir à lui, on est sans cesse à son service, et deux passions, c’est trop pour un seul cœur.
- L’amitié est cette coïncidence parfaite de deux désirs. Mais l’envie et la jalousie ne sont pas autre chose. La mimesis du désir est à la fois le ressort de ce que l’amitié offre de meilleur et de ce que la haine a de pire.
- Le propre de l’amour est de voir les personnes et les choses autrement qu’elles ne sont en réalité. C’est un désir qui ne s’assouvit jamais, bien qu’il n’est pas toujours une chose sensuelle; il est la folie ou la poésie de l’amitié.
- Les joies de l’amitié l’emportent parfois par leur délicatesse sur celles de l’amour.