C’est la marque d’un petit esprit de s’en prendre à autrui lorsqu’il échoue dans ce qu’il a entrepris; celui qui exerce sur soi un travail spirituel s’en prendra à soi-même; celui qui achèvera ce travail ne s’en prendra ni à soi ni aux autres.
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- Ne sachant ni exactement ce qu’il donne, ni moins encore à qui, ni même de quelle façon, le travail est donc, comme une offrande mystique, la forme anonyme d’un don. Il est même le seul véritable don, puisqu’il est la seule manière de se donner tout entier en s’effaçant dans ce qu’on donne.
- Je sais que le créateur s’en ira, mais son travail survit. C’est pourquoi, pour échapper à la mort, j’essaie de lier mon âme à mon travail.
- Le caractère, c’est la destinée », dit un vers d’Eschyle. Les êtres ne changent pas beaucoup. Mais ils peuvent faire un travail sur eux-mêmes. Les hommes de pouvoir peuvent améliorer leur comportement et leur manière de gouverner.
- Il y a le cadeau, il y a l’esprit, et il y a le travail - tous les trois doivent se réunir. Si l’une de ces choses est manquante, cela peut vous empêcher de devenir ce que vous étiez censé être.
- Travailler est une bénédiction quand cela nous aide à penser à ce que nous sommes en train de faire. Mais cela devient une malédiction quand cela n’a d’autre utilité que de nous éviter de penser au sens de notre vie.
- Il ne s’agit pas de prendre l’opinion du monde comme une étoile directrice, mais de suivre son chemin dans la vie et de travailler sans relâche, ni déprimé par les échecs ni séduit par les applaudissements.
- En général, est par métier disposé à se sacrifier celui qui ne sait pas autrement donner un sens à sa vie.
- La tempérance - comme la prudence, et comme toutes les vertus peut-être - relève donc de l’art de jouir : c’est un travail du désir sur lui-même, du vivant sur lui-même. Elle ne vise pas à dépasser nos limites, mais à les respecter.
- Il est remarquable l’état de celui qui n’éprouve pas la tentation de ce qu’il ne fait pas; et non pas l’état de celui qui est tenté et qui renonce. En termes réalistes, le premier est la paix et le second, le déchirement.
- Il en va ainsi de la vie. Elle n’a de foi qu’en elle-même. Quand aucune pensée ne l’entrave elle va contre toute raison sans autre but que d’être encore, un jour, une heure, un pas de plus.
- Ce qui fait le jésuite, c’est qu’ayant pesé les moyens extérieurs de persuader, éducation, imitation, opinion unanime, il les juge suffisants, par un profond mépris de la sagesse individuelle, qui examine sans fin et ne fait rien.
- Je n’ai jamais eu beaucoup confiance en mon propre travail, et même maintenant que je suis assuré (toujours à ma grande surprise) qu’il a de la valeur pour les autres, je me sens timide, réticent pour ainsi dire à exposer mon monde imaginaire à d’éventuelles des yeux et des oreilles méprisants.
- Celui qui connaît la destinée des choses qu’il entreprend dès leur début est un sage ou un sot. Mais qu’il soit l’un ou l’autre, il sera malheureux car il aura planté sa dague dans le coeur de la vie.
- De ce que les hommes médiocres sont souvent travailleurs et les intelligents souvent paresseux, on n’en peut pas conclure que le travail n’est pas pour l’esprit une meilleure discipline que la paresse.
- N’est-il pas consolant - voire, profondément satisfaisant - de pouvoir se dire, en repensant à sa propre vie, que si l’on a échoué, c’est uniquement là où les autres n’ont pas eu le courage ou la volonté de tenter ?