La jeunesse masculine ne manquait ni de santé, ni de courage, mais d’allant et de passion. […] Ce qui lui faisait défaut, c’était ce jardin pour la culture de la volonté que constitue le sport organisé.
Écrivain, 1863-1937La jeunesse masculine ne manquait ni de santé, ni de courage, mais d’allant et de passion. […] Ce qui lui faisait défaut, c’était ce jardin pour la culture de la volonté que constitue le sport organisé.
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Paraphrase
Olympie (conférence) (1929)
L’idée vient de cette œuvre, mais la phrase qui circule en modifie sensiblement la formulation.
… La jeunesse masculine ne manquait ni de santé, ni de courage, mais d’allant et de passion. Chez nous, elle vivait dans la grisaille — passez-moi l’expression.— Ce qui lui faisait défaut, c’était ce jardin pour la culture de la volonté que constitue le sport organisé.Elle ne le possédait ni au collège, ni au sortir du collège. Je sens bien qu’ici encore je touche à un sujet qui voudrait aussi une conférence à part et que, faute de pouvoir la faire, je laisse dans une sorte d’imprécision une quantité de sujets connexes au mien. …
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La jeunesse, ce n’est ni la force, ni la souplesse, ni même la jeunesse comme tu disais : c’est la passion pour l’inutile.
Le sport n’est pas un objet de luxe, une activité d’oisif non plus qu’une compensation musculaire du travail cérébral. Il est pour tout homme une source de perfectionnement interne éventuel non conditionnée par le métier. Il est l’apanage de tous au même degré sans que son absence puisse être suppléée.
L’homme a beau être blasé, guéri de tous les enthousiasmes, revenu de tous les emportements, il reste en lui un fonds éternel de jeunesse. L’amour est une aventure qui garde son attirance. De manière générale, sans doute.
Ces exercices auxquels il s’était livré avec son vieux domestique, faute de pouvoir suivre les académies comme il eût été convenable pour un jeune gentilhomme, avaient développé sa force, corroboré ses muscles, augmenté sa souplesse naturelle.
La jeunesse est un sport que l’on peut – que dis-je : que l’on doit pratiquer toute sa vie.
Les sports ont fait fleurir toutes les qualités qui servent a la guerre : insouciance, belle-humeur, accoutumance à l’imprévu, notion exacte de l’effort à faire sans dépenser des forces inutiles.
Le sport, activité noble qui, à l’instar du rire, de la philatélie, de la cuisine au bain-marie et du cybersexe, permet à l’humain de dépasser son animalité.
La volonté peut et doit être un sujet d’orgueil bien plus que le talent. Si le talent a son germe dans une prédisposition cultivée, le vouloir est une conquête faite à tout moment sur les instincts, sur les goûts domptés, refoulés, sur les fantaisies et les entraves vaincues, sur les difficultés de tout genre héroïquement surmontées.
C’est la négligence en ce point qui perd toute la jeunesse ; c’est par le désordre du premier âge que les hommes dégénerent, et qu’on les voit devenir ce qu’ils sont aujourd’hui.
Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser.
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