L’esprit n’accueille une idée qu’en lui donnant un corps. De là les comparaisons.
Écrivain, 1864-1910 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons L’esprit n’accueille une idée qu’en lui donnant un corps. De là les comparaisons.
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Journal, 1887-1910
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Désordre dans le corps, erreur dans l’esprit, l’un nourrissant l’autre, voilà le réel de l’imagination.
Deux corps peuvent s’associer pour produire un corps, mais la pensée peut seule donner la vie a la pensée.
L’esprit humain traite une nouvelle idée de la même manière que son corps le ferait d’une protéine étrange ; il la rejette.
Quand le pensant et le pensé sont pris comme identique, et inversement, ce qui est engendré dans une telle pensée, c’est le concept du moi.
Il n’appartient qu’à la tête de réfléchir, mais tout le corps a de la mémoire.
La manière de former les idées est ce qui donne un caractère à l’esprit humain. L’esprit qui ne forme ses idées que sur des rapports réels est un esprit solide.
La pensée agit sur le corps d’une manière inexplicable ; l’homme est peut-être la pensée du grand corps de l’univers.
Du moment que la pensée n’est pas tout, elle n’est qu’un égarement de ce qui n’est pas elle.
La pensée appartient au monde créé, alors que l’intuition appartient au monde créateur. La première est soumise au temps, la seconde lui échappe. La pensée sert simplement à transmettre ce que l’intuition lui inspire.
Les conceptions les plus hardies, les spéculations les plus légitimes, ne prennent un corps et une âme que le jour où elles sont consacrées par l’observation et l’expérience.

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