97 citations retrouvées dans le texte d’origine (notre méthode)
Les citations
Le couple c’est le lieu de la vie soustraite. La passion c’est le lieu de la vie divisée.
Christian BobinSource vérifiée Une petite robe de fête (1991) Comment sortir de soi ? Parfois cette chose arrive, qui fait que nous ne sommes plus enfermés : un amour sans mesure. Un silence sans contraire. La contemplation d’un visage infini, fait de ciel et de terre.
Christian BobinSource vérifiée Lettres d’or Ce qui fait un couple, c’est la nourriture : un couple c’est quand deux respirent le même air, avalent la même nourriture – la même amertume ou la même joie. Et ces deux-là, qu’est-ce qu’ils mangent ? Ils mangent de la souffrance, du malheur.
Christian BobinSource vérifiée L’inespérée (1994) Si on devait dessiner l’intelligence, la plus fine fleur de la pensée, on prendrait le visage d’une jeune mère, n’importe laquelle. De même si on devait dire la part souffrante de tout amour, la part manquante, arrachée.
Christian BobinSource vérifiée La part manquante L’intelligence est la force, solitaire, d’extraire du chaos de sa propre vie la poignée de lumière suffisante pour éclairer un peu plus loin que soi, vers l’autre là-bas, comme nous égaré dans le noir.
Christian BobinSource vérifiée L’inespérée (1994) C’est curieux comme on est, avec les morts : d’abord on jette dessus plein de bruits, de prières et de cris, ensuite on les recouvre sous des pelletées de silence. Dans les deux cas on ne veut rien en voir.
Christian BobinSource vérifiée Isabelle Bruges (1992) On lit comme on aime, on entre en lecture comme on tombe amoureux : par espérance, par impatience. Sous l’effet d’un désir, sous l’erreur invincible d’un tel désir : trouver le sommeil dans un seul corps, toucher au silence dans une seule phrase.
Christian BobinSource vérifiée Une petite robe de fête (1991) C’est une chose fragile que la lumière du jour. On y grandit. On y marche. On y attend quelque chose, on ne sait trop quoi. Oui, mais voilà : où trouver la force d’attendre, quand le visage aimé est recouvert de terre ?
Christian BobinSource vérifiée La femme à venir Dans le chant, la voix se quitte : c’est toujours une absence que l’on chante. Le temps de chanter est la claire confusion de ces deux saisons dans la vie : l’excès et le défaut. Le comble et la perte.
Christian BobinSource vérifiée La part manquante (1989) L’émerveillement n’est pas l’oubli de la mort, mais la capacité de la contempler comme tout le reste, comme l’amer et le sombre : dans la brûlure d’une première fois, dans la fraîcheur d’une connaissance sans précédent.
Christian BobinSource vérifiée La part manquante (1989) C’est une chose étrange que l’absence. Elle contient tout autant d’infini que la présence. J’ai appris cela dans l’attente, j’ai appris à aimer les heures creuses, les heures vides : c’est si beau d’attendre celle que l’on aime.
Christian BobinSource vérifiée Souveraineté du vide : suivi de Lettres d’or Faire l’amour en cachette, c’est comme voler des bonbons à l’épicerie. C’est délicieux. Ce goût exquis, dans l’arrière-bouche, d’une chose pas bien. Pardonnez-moi mon père, pardonnez-moi ma mère, pardonnez-moi parce que j’ai péché et que je compte bien pécher encore et encore.
Christian BobinSource vérifiée La femme à venir Il nous faut naître deux fois pour vivre un peu, ne serait-ce qu’un peu. Il nous faut naître par la chair et ensuite par l’âme. Les deux naissances sont comme un arrachement. La première jette le corps dans le monde, la seconde balance l’âme jusqu’au ciel.
Christian BobinSource vérifiée La plus que vive (1996) À vingt ans, on danse au centre du monde. À trente, on erre dans le cercle. À cinquante, on marche sur la circonférence, évitant de regarder vers l’extérieur comme vers l’intérieur. Plus tard, c’est sans importance, privilège des enfants et des vieillards, on est invisible.
Christian BobinSource vérifiée La femme à venir Mon Dieu qui n’êtes personne, donnez-moi chaque jour ma chanson quotidienne, mon Dieu qui êtes un clown, je vous salue, je ne pense jamais à vous, je pense à tout le reste, c’est déjà bien assez de travail, amen.
Christian BobinSource vérifiée La folle allure La fatigue est une des choses au monde les plus intéressantes à penser. Elle est comme la jalousie, comme le mensonge ou comme la peur. Elle est comme ces choses impures que l’on tient loin de ses yeux. Comme ces choses elle nous fait toucher terre.
Christian BobinSource vérifiée Une petite robe de fête (1991) Écrire des lettres d’amour est, certes, un travail peu sérieux et sans grande importance économique. Mais si plus personne ne l’exerçait, si personne ne rappelait à cette vie combien elle est pure, elle finirait par se laisser mourir.
Christian BobinSource vérifiée L’inespérée (1994)
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Biographie de Christian Bobin
Christian Bobin est né en 1951 au Creusot, dans une famille ouvrière. Dès son jeune âge, il trouve du réconfort dans les livres et s’intéresse à la philosophie. Il publie son premier roman en 1977. Peu à peu, il se fait connaître grâce à son style simple et poétique, notamment avec Une petite robe de fête en 1991. Son roman Le Très-Bas, qui parle de François d’Assise, reçoit un prix littéraire en 1993. Bobin écrit sur la beauté des choses simples et sur la foi. Il aime écrire des textes courts et préfère rester loin du monde littéraire. Christian Bobin est décédé en 2022, alors qu’il venait de commencer un nouveau roman.
Biographie rédigée avec l’aide d’une intelligence artificielle et relue par la rédaction, à partir de l’article Christian Bobin de Wikipédia (auteurs : contributeurs de Wikipédia), modifiée ; texte disponible sous licence CC BY-SA 4.0.
