- Pilate se leva et déclara : - Accusé, tu seras crucifié. J’ai aimé son économie de langage. Le génie du latin ne commet jamais de pléonasme. J’aurais détesté qu’il dise : Tu seras crucifié à mort. Une crucifixion n’a pas d’autre issue possible.
- Tout fuit, glisse, rien ne heurte, et soi-même on se dit qu’on est bien ici, loin de chez soi, libre provisoirement de toute attache, que c’est pour ça qu’on voyage (même si c’est une illusion) : pour devenir aussi oiseau qu’on peut l’être.
- Quittez-moi votre serpe, instrument de dommage; Laissez agir la faux du temps : Ils iront aussi tôt border le noir rivage.
- Ton affaire, c’est de jouer correctement le personnage qui t’a été confié; quant à le choisir, c’est celle d’un autre.
- Quand il n’y a plus dans le noir qu’un sexe ouvert, l’odeur du naufrage arrive : catastrophe liquide, rumeur définitive, dure comme une porte claquée, où l’espoir, enfin, démord et disparaît.
- Il n’y a rien, madame, qui marque davantage qu’on a de l’esprit, que de croire n’en pas avoir, et il est de la nature de ce bien-là, que plus on en a, plus on croit en manquer.
- Si vous écoutez non pas moi, mais la Raison, il est sage de reconnaître que tout est un.
- Vous avez beau dire que vous n’avez plus de visage à offrir à M. Pigal (qui allait à Ferney, pour la statue de Voltaire); le génie, tant qu’il respire, a toujours un visage que le génie, son confrère, sait bien trouver.
- L’homme, on a dit qu’il était fait de cellules et de sang. Mais en réalité, il est comme un feuillage. Il faut que le vent passe pour que ça chante.
- Seigneur, donnez-nous le courage de vivre comme si nous croyions à l’enthousiasme; donnez-nous la grâce de vivre notre néant dans des élans de création libératrice. Puissions-nous nous aveugler jusqu’au tourbillon final !
- C’est une légende, cette histoire de mouette ? - La légende d’Hélène. Elle dit que chaque être humain est rattaché à un oiseau pendant son passage sur terre. Qu’il nous protège.
- La vérité. Qui peut se vanter de dire la vérité ? Pour la dire, il faudrait la détenir. Au théâtre, je suis chaque soir devant ce paradoxe : trouver la vérité du personnage. Ca veut dire quoi, au juste ?
- La vérité surnage comme l’huile.
- Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village - Fumer la cheminée, et en quelle saison - Reverrais-je le clos de ma pauvre maison, - Qui m’est une province et beaucoup davantage ?
- Mon action est mon seul bien, mon action est mon héritage, mon action est la matrice qui me fait naître, mon action est ma race, mon action est mon refuge.
- C’est ainsi que l’on devient un homme, un conquérant, un Attila en herbe : en reniant son passé, en écrasant autrui; surtout s’il est petit; surtout s’il nous renvoie l’image de ce que l’on fut naguère.
- Quel stoïcisme résiste à une rage de dents ? Il faut presque être un héros pour ne pas se gratter là où cela vous démange.
- Jeune homme, au cours de ce grand voyage qu’est la vie, nous sommes pour la plupart du temps responsables de notre infortune.
- Qui entreprendrait d’examiner sa vie au microscope ? Qui en aurait le courage ? Personne ne peut supporter d’aller au fond de soi sans s’apitoyer ou être complaisant envers soi...
- Occupez-vous des petites choses et les grandes se feront d’elles-mêmes. Tout le monde entend dire cela quand il est enfant. Peu de gens mettent cet adage en pratique.
- La question n’est pas d’accepter de mourir, mais d’accepter d’être né, de dire oui à soi-même.
- S’il s’agissait d’un roman, le plus brillant écrivain lui-même pourrait-il réussir à faire croire à ses lecteurs qu’aussi peu de temps avait suffi à soumettre l’orgueil et à surmonter les préjugés ?
- Les femmes croient toujours ce qu’elles ont besoin de croire, tant pis pour elles.
- On ne doit pas croire toute chose d’un homme - parce qu’un homme peut dire toutes choses. On ne doit croire d’un homme que ce qui est humain.
- Pour croire avec certitude, il faut commencer par douter.
- Je veux tellement croire qu’il y a de la vérité, que l’amour est réel.
- A voir certains monuments contre lesquels ils font leurs besoins, c’est à croire que les chiens sont de purs esthètes.
- Même si l’on ne croit pas en Dieu, on doit tout de même croire en quelque chose qui donne du sens à la vie, et façonne notre vision du monde. Et une telle croyance est éminemment religieuse.
- Rien ne rend une femme plus belle que de croire qu’elle est belle.
- Quand je regarde ma vie, je me dis que j’ai été sacrément chanceux d’accomplir tout cela. Je dois même me pincer plusieurs fois pour y croire.
- Il y a ceux qui commandent aux mots et ceux qui commandent aux faits : tu dois comprendre qui commande aux faits et faire mine de croire ceux qui commandent aux mots.
- Le secret de la réussite : faire croire à certaines personnes que certaines choses sont importantes.
- Aimer c’est la moitié de croire.
- Quand j’étais petit, on m’a dit que n’importe qui pouvait devenir président. Je commence à le croire.
- Ne pas croire qu’une chose existe parce qu’il serait trop horrible qu’elle n’existât pas. Il n’y a pas de preuve par l’horrible.
- Le mensonge n’est pas haïssable en lui-même, mais parce qu’on finit par y croire.
- Contrairement à ce qu’on a voulu faire croire, la différence sexuelle est peu de choses au regard de la différence sociale et la mère chômeuse avec deux enfants n’a pas les mêmes priorités.
- A force d’appeler ça ma vie je vais finir par y croire. C’est le principe de la publicité.
- Quoi de plus commun de se croire deux nez au visage, et de se moquer de celui qui se croit deux trous au cul.
- Il ne faut pas croire tout ce qu’on nous dit de ceux qui ne pensent pas comme nous.