S’il s’agissait d’un roman, le plus brillant écrivain lui-même pourrait-il réussir à faire croire à ses lecteurs qu’aussi peu de temps avait suffi à soumettre l’orgueil et à surmonter les préjugés ?
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- Les livres, à en croire ces fichus snobs de critiques, n’étaient que de l’eau de vaisselle. Pas étonnant que les livres aient cessé de se vendre, disaient-ils. Mais le public, sachant ce qu’il voulait, tout à la joie de virevolter, à laissé survivre les bandes dessinées. Et les revues érotiques en trois dimensions, naturellement.
- On nous a fait lire des romans comme Bel-Ami qui nous ont laissé croire qu’on pouvait se faire une place dans le monde. Il n’y avait pas de place pour nous.
- Il ne faut point... Parce que nous avons trouvé contre un raisonnement un peu faible de l’auteur un raisonnement assez fort, croire toujours avoir raison contre lui.
- Le principe des éditeurs, c’est de n’aimer que ce qu’ils éditent et de faire croire le contraire : qu’ils n’éditent que ce qu’ils aiment. Allons, ils ne sont pas assez sûrs de leur jugement pour ça.
- Elle le mettrait à l’abri du respect paralysant qu’inspire toute grande oeuvre littéraire, et lui ôterait tout complexe vis-à-vis du plagiat, sans lequel rien d’original ne saurait voir le jour.
- Je ne comprends pas qu’ils ne sachent pas au moins garder le silence devant une oeuvre d’une telle beauté, beauté irritante, peut-être exaspérante même, parce que l’auteur, avec tout son génie, touche à des choses très graves avec une sorte d’insolence qui fait peur.
- Le droit intangible du romancier, c’est de pouvoir retravailler son roman.
- Il n’est pas d’entreprise plus raisonnable que de parler de soi, plus agréable pour l’auteur et ses lecteurs, et soin plus nécessaire, du moins plus avouable.
- Je ne crois pas que, dans toute l’histoire de la littérature, on puisse trouver un autre écrivain qui ait placé ainsi sa confiance dans la force de ce qui est dit plutôt que dans la façon de le dire.
- Personne n’en sort indemne. Personne ne peut prétendre que ses lectures n’ont pas influencé sa vie, dans les petites choses comme dans les grands instants et au moment des choix essentiels.
- Je ne suis pas de ceux qui pensent que l’écrivain doit vivre dans une tour d’ivoire. La vie littéraire se fait aussi dans les cocktails.
- Quand même notre littérature se remonterait, je doute qu’elle puisse de longtemps produire un homme aussi rare (Voltaire), et qui réunisse tant de talents à un si haut degré.
- J’ai toujours senti que l’état d’auteur n’était, ne pouvait être illustre et respectable qu’autant qu’il n’était pas un métier. Pour pouvoir, pour oser dire de grandes vérités, il ne faut pas dépendre de son succès.
- Un écrivain est grand non par lui-même mais par la grandeur de ce qu’il nomme, et je ne sais pas d’autre grandeur que celle de la vie faible, humiliée par le monde.
- Saviez-vous que les bons écrivains touchent la vie du doigt ? Les médiocres l’effleurent et les mauvais l’abandonnent aux mouches.