Elle le mettrait à l’abri du respect paralysant qu’inspire toute grande oeuvre littéraire, et lui ôterait tout complexe vis-à-vis du plagiat, sans lequel rien d’original ne saurait voir le jour.
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- La multitude de ceux qui se livrent au plaisir sans respect a plus fait pour le déshonorer que ceux qui le condamnent et s’en abstiennent.
- Ne soyez ni confiant, ni banal, ni empressé, trois écueils ! La trop grande confiance diminue le respect, la banalité nous vaut le mépris, le zèle nous rend excellents à exploiter.
- S’il s’agissait d’un roman, le plus brillant écrivain lui-même pourrait-il réussir à faire croire à ses lecteurs qu’aussi peu de temps avait suffi à soumettre l’orgueil et à surmonter les préjugés ?
- J’ai toujours senti que l’état d’auteur n’était, ne pouvait être illustre et respectable qu’autant qu’il n’était pas un métier. Pour pouvoir, pour oser dire de grandes vérités, il ne faut pas dépendre de son succès.
- Le droit intangible du romancier, c’est de pouvoir retravailler son roman.
- Je ne comprends pas qu’ils ne sachent pas au moins garder le silence devant une oeuvre d’une telle beauté, beauté irritante, peut-être exaspérante même, parce que l’auteur, avec tout son génie, touche à des choses très graves avec une sorte d’insolence qui fait peur.
- La critique littéraire à une tendance à louer le plagiat, quand il est commis par un homme de génie, par un Molière. C’est un peu comme si on disait qu’une canaillerie faite par un homme vertueux devient une bonne action.
- Qui pourrait imposer une charge aux autres sans en aimer le sens profond ? Ne serait-ce pas une forme de pharisaïsme ?
- Cette instruction, que chaque homme peut recevoir par les livres dans le silence et la solitude, ne peut être universellement corrompue : il suffit qu’il existe un coin de terre libre, où la presse puisse en charger ses feuilles.
- Je suis convaincu que les oeuvres qui durent ne durent que par des malentendus, par toute la littérature dont la postérité les entoure, littérature où les intentions véritables des auteurs finissent par être noyées du tout et perdues de vue.
- Je ne crois pas que, dans toute l’histoire de la littérature, on puisse trouver un autre écrivain qui ait placé ainsi sa confiance dans la force de ce qui est dit plutôt que dans la façon de le dire.
- Il n’est pas d’entreprise plus raisonnable que de parler de soi, plus agréable pour l’auteur et ses lecteurs, et soin plus nécessaire, du moins plus avouable.
- Quelle plate bêtise de toujours vanter le mensonge et de dire : la poésie vit d’illusions; comme si la désillusion n’était pas cent fois plus poétique par elle-même !
- Nulle forme fixe n’est plus considérée comme le moule nécessaire à l’expression de toute pensée poétique; désormais, comme toujours, mais consciemment libre cette fois, le poète obéira au rythme personnel.
- Si un écrivain est couronné, encensé, il considère que c’est la juste contrepartie de son talent, s’il est ignoré de la critique, dédaigné par le public, il en tient l’attachée de presse pour principale responsable.