Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne.
Écrivain, 1880-1918Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne.
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Source vérifiée
Alcools (1913), Les Colchiques
Le pré est vénéneux mais joli en automne Les vaches y paissant Lentement s’empoisonnent Le colchique couleur de cerne et de lilas Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là Violâtres comme leur cerne et comme cet automneEt ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonneLes enfants de l’école viennent avec fracas Vêtus de hoquetons et jouant de l’harmonica Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières Qui battent comme les fleurs battent au vent dément Le gardien du troupeau chante tout doucement Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent Pour toujours ce grand pré mal fleuri par …
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J’ai la vie qui m’pique les yeux.
Vous avez ses yeux !
Je ne les aurai que s’il me les lègue à sa mort !
Quelque vol de mon cœur, quelque assassinat de ma franchise.
L’esprit du doute, suspendu sur ma tête, venait de me verser dans les veines une goutte de poison ; la vapeur m’en montait au cerveau, et je chancelais à demi dans un commencement d’ivresse malfaisante.
Ma vie est comme une plume sur le dos de ma main, attendant le vent de la mort.
Ma vie est faite de virages.
Ô jalousie ! Tu es à l’âme ce que le poison est au corps.
C’est peu que de vouloir, sous un couteau mortel, me montrer votre cœur fumant sur un autel.
L’éclair me dure. La poésie me volera de la mort.
Fou n’y puis, sain n’y daigne, névrosé je suis.

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