Quelque vol de mon cœur, quelque assassinat de ma franchise.
Dramaturge, 1622-1673 Image : Pierre Mignard I, Domaine public, Wikimedia Commons Quelque vol de mon cœur, quelque assassinat de ma franchise.
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Les Précieuses ridicules (1659), scène 9, Mascarille
Quelque vol de mon cœur, quelque assassinat de ma franchise.Je vois ici deux yeux qui ont la mine d’être de fort mauvais garçons, de faire insulte aux libertés, et de traiter une âme de Turc à More. Comment diable! D’abord qu’on les approche, ils se mettent sur leur garde meurtrière. Ah! par ma foi, je m’en défie! …
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À cet instant où mon cœur est brisé par un abandon si cruel et une trahison si basse.
Mon pauvre cœur est un hibou Qu’on cloue, qu’on décloue, qu’on recloue. De sang, d’ardeur, il est à bout. Tous ceux qui m’aiment, je les loue.
C’est peu que de vouloir, sous un couteau mortel, me montrer votre cœur fumant sur un autel.
Amour, il fallait bien en payer le prix, et mon chagrin vient de briser ma vie.
Avec moi, ça vient du cœur ou du fusil.
Les serments d’amour m’irritent, se plaignait la marguerite. Car c’est là mon infortune, aussitôt que débute une affaire sentimentale, j’y laisse tous mes pétales.
Le temps mit bientôt sur mon cœur ulcéré l’arnica de l’oubli. Un clou chasse l’autre, une femme aussi.
Cloué par un couteau, mon cœur bat, mon sang coule… Et c’est un tribunal au fond d’un souterrain, où trois juges, devant une table d’airain, siègent, portant chacun une rouge cagoule.
Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne.
Ma vie est faite de virages.

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