À cet instant où mon cœur est brisé par un abandon si cruel et une trahison si basse.
Écrivain, 1810-1857 Image : Charles Landelle, Domaine public, Wikimedia Commons À cet instant où mon cœur est brisé par un abandon si cruel et une trahison si basse.
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Bettine
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Quelque vol de mon cœur, quelque assassinat de ma franchise.
Amour, il fallait bien en payer le prix, et mon chagrin vient de briser ma vie.
Ces derniers jours, l’ampleur de dévastation, de colère, de tristesse que j’ai ressenties a été pour le moins accablante. Regarder mon peuple se faire assassiner et lyncher jour après jour a poussé mon cœur dans ses retranchements (ndlr : Au sujet de la mort de George Floyd).
Mon pauvre cœur est un hibou Qu’on cloue, qu’on décloue, qu’on recloue. De sang, d’ardeur, il est à bout. Tous ceux qui m’aiment, je les loue.
J’ai l’impression d’être un vase qui fuit : l’orgueil, la dignité, le courage coulent par toutes mes fissures. Seule demeure la terreur. Une terreur qui me dévore, qui m’aveugle.
Il n’y a rien de plus complet qu’un cœur brisé.
Je ressens un coup de poignard en plein cœur, comme chaque fois que la femme de ma vie prend la direction opposée à la mienne, dans ce monde trop vaste.
Ce cœur nourri de sang, et de guerre affamé Malgré le faix des ans et du sort qui m’opprime, traîne partout l’amour qui l’attache à Monime, et n’a point d’ennemis qui lui soient odieux Plus que deux fils ingrats que je trouve en ces lieux.
Et me déshonorant par d’injustes alarmes, pour attendrir mon cœur on a recours aux larmes ?
L’image de l’amour éteint effraye plus un cœur tendre que celle de l’amour malheureux, et le dégoût de ce qu’on possède est un état cent fois pire que le regret de ce qu’on a perdu.

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