Une vie sans éclat et attentive au simple est semblable à ces coings à la peau duvetée et à l’apparence rugueuse qui, mûrissant dans l’ombre, embaument l’air du cellier - comme fait le corps d’un saint après sa mort.
Image : Une vie sans éclat et attentive...

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- La simple vie de chaque jour nous donne toute sa lumière puis s’en va, comme une invisible fiancée portant à son doigt une bague d’air, incrustée de silences scintillants.
- Il y a quelque chose de calmant dans la philosophie, une manière de parler du vivant comme si on était mort.
- Qu’est-ce qui distingue les anges de nous ? Leur très grand naturel. - Comment s’appelle le chien qui mord son maître ? La gloire. - Qui rit après sa mort ? La pluie dans le feuillage.
- Pourquoi donc n’est-il pas possible qu’après la mort nous gardions l’apparence parfaite des vivants, si les vivants peuvent dans le sommeil se faire semblables aux lugubres morts ?
- L’état de l’animal que la mort naturelle va anéantir se rapproche de celui où il se trouvait dans le sein de sa mère, et même celui du végétal, qui ne vit qu’au-dedans, et pour qui toute la nature est en silence.
- Parvenu à un certain âge, on vous épingle Lear comme une décoration. Je n’ai jamais aimé être décoré. Encore moins épinglé. C’est très beau, mais ça signifie la mort comme pour les papillons.
- La mort n’est pas l’ultime vérité. - Elle nous paraît noire, - de même que le ciel nous paraît bleu, - mais elle ne noircit pas plus l’existence - que l’azur céleste ne tâche les ailes de l’oiseau.
- Les yeux ne vieillissent pas, l’alentour prend des rides mais le regard sera le même jusqu’à la mort...
- L’envie suit la vertu comme l’ombre suit le corps.
- Au paradis, les objets et les êtres, assiégés de tous côtés par la lumière, ne projettent pas d’ombre. Autant dire qu’ils manquent de réalité, comme tout ce qui est inentamé par les ténèbres et déserté par la mort.
- J’ai une joie profonde à traverser les épaisseurs de grisaille, la dureté que le monde met sur certains visages à la fin d’une vie. J’éprouve une joie profonde à enlever tous ces voiles et à voir, soudain, deux yeux qui brûlent dans l’ombre.
- Sa tête est devenue un globe de sang où, dans l’oeil gauche, rit la mort songeuse. Des avalanches au visage, des cratères mieux que fous, pis que hasardeux. Mutilation des traits, énucléation...
- Car c’est être poète que regarder la vie et la mort en face, et réveiller les étoiles dans le néant des coeurs.
- Le corps sans âme n’est plus au sacrifice. Au jour de la mort, il renaît. L’esprit divin réjouira l’âme en voyant l’éternité du monde.
- Lorsque j’ai découvert ce domaine sans nom, j’étais à une hauteur, à un degré de perfection et de pureté que je n’atteindrai jamais plus. Dans la mort seulement, comme je te l’écrivais un jour, je retrouverai peut-être la beauté de ce temps-là...