La vie absurde qui remue ses oreilles d’âne.
Poète, 1887-1961La vie absurde qui remue ses oreilles d’âne.
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Guérir de l’ennui par la stupeur.
La bêtise et l’orgueil ont étroit parentage.
La vie ! Quelle merveilleuse absurdité.
La vie n’est qu’une ombre qui passe, un pauvre acteur Qui s’agite et parade une heure, sur la scène, puis on ne l’entend plus. C’est un récit Plein de bruit, de fureur, qu’un idiot raconte Et qui n’a pas de sens.
Un fou brame dans la nuit, qui bande comme un cerf, Ô mort je suis ce cerf, que dévorent les chiens, la mort éjacule en sang.
Un renard vit un jour un masque de tragédie : « Quelle beauté imposante, dit-il, mais de cervelle point. ».
La vérité de la vie, c’est la vie bestiale : les choses sont ainsi arrangées que tout homme qui essaye d’en sortir paye cela par de continuels tourments, une série non interrompue de coups d’épingles et de coups de poignards.
Il s’avance dans la vie comme un hurluberlu et risque de ne prendre quelque expérience qu’en s’échaudant cruellement.
Le même événement qui se présente d’une façon si intéressante dans la tête d’un homme d’esprit, n’offrirait plus, conçu par un cerveau plat et banal, qu’une scène insipide de la vie de tous les jours.
Souvent on appelle la vie les bêtises que l’on fait.

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