Il s’avance dans la vie comme un hurluberlu et risque de ne prendre quelque expérience qu’en s’échaudant cruellement.
Écrivain, 1869-1951 Image : Ottoline Morrell (1873-1938), Domaine public, Wikimedia Commons Il s’avance dans la vie comme un hurluberlu et risque de ne prendre quelque expérience qu’en s’échaudant cruellement.
Écrivain, 1869-1951 Image : Ottoline Morrell (1873-1938), Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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Journal (1922)
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À force de vouloir toujours aller plus vite, c’est sa propre mort que ce monde fou finira par rattraper.
Sa vie toute entière sera, par le manque de certitude, jetée dans la confusion et l’incapacité d’aller de l’avant.
Il délire, mais sa folie ne manque pas de méthode.
Il eut une révélation soudaine. Il comprit tout à coup le caractère fastidieux de la vie où tout sentier représente l’imprévu et dont une part importante se passe à surveiller ses pas.
La vie absurde qui remue ses oreilles d’âne.
Le méfiant est fatalement voué au malheur. Tout comme l’acide corrode son contenant, le soupçon le ronge à force de se préserver jour et nuit de l’humanité tout entière.
Dans les moments de paroxysme, il faut savoir être fou délibérément pour ne pas mourir sous le choc de la vie.
C’est toujours le même remords que l’on traîne toute sa vie qui s’empare de la conscience à la moindre occasion et lui gâte son plaisir. C’est une maladie sournoise qui laisse des répits trompeurs, mais qui ne quitte jamais l’organisme.
Le tonnerre est souvent nécessaire pour arracher à la torpeur croupissante d’une vie sans saveur.
Comme c’est étrange, pensait Attila, ce que la vie nous fait, où elle nous emporte et nous dépose, perdus quelque part entre l’irréparable et l’insaisissable.

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