Comme c’est étrange, pensait Attila, ce que la vie nous fait, où elle nous emporte et nous dépose, perdus quelque part entre l’irréparable et l’insaisissable.
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- Leur regard portait une étrange mélancolie qui les accompagnerait toute leur vie, disparaissant par moments pour revenir plus loin, à la croisée du chemin, tel un zombie facétieux contre lequel ils ne cesseraient de se battre.
- Dieu se manifeste, il nous guide la distance d’une lieue, puis il laisse tomber. Et tout alors demeure pire qu’avant. Cette vie est la tête à l’envers, personne ne peut mesurer ses cueillettes et pertes.
- On a mal regardé la vie, quand on n’a pas aussi vu la main qui tue en gardant des ménagements.
- Nous avons beau tailler de notre mieux le bloc mystérieux dont notre vie est faite, la veine noire de la destinée y reparaît toujours.
- Il eut une révélation soudaine. Il comprit tout à coup le caractère fastidieux de la vie où tout sentier représente l’imprévu et dont une part importante se passe à surveiller ses pas.
- La vie en se retirant venait d’emporter les désillusions de la vie.
- Je ne crois pouvoir comparer mieux qu’au mal de mer ces vertiges du coeur et de l’âme. La vie sans Marthe, c’était une longue traversée.
- Lorsque Rimbaud dit : «Je finis par trouver sacré le désordre de mon esprit», il montre qu’il a compris qu’il y a dans le désordre quelque chose sans lequel la vie ne serait que platitude mécanique.
- Il a donc grimpé toute sa vie vers cette crête d’où l’on aperçoit l’autre côté des choses, qui est mort et massacre avec la clangorante épopée, la chevauchée renouée des paladins modernes.
- Le voilà délivré des maux de la vie et, comme disait Fontenelle, de la difficulté d’être...
- C’est ainsi que l’on devient un homme, un conquérant, un Attila en herbe : en reniant son passé, en écrasant autrui; surtout s’il est petit; surtout s’il nous renvoie l’image de ce que l’on fut naguère.
- Nous sommes un peu comme des éponges qui aspirons la vie sans le savoir et qui la rendons ensuite, transformée, sans connaître le travail d’alchimie qui s’est produit en nous.
- C’est là, dans le va-et-vient des jours et le fouillis des non-dits, que la vie perd le sens des choses profondes et se réfugie dans le superficiel et le faux-semblant.
- Le danger pour beaucoup d’âmes est de regarder la vie, de la penser et de goûter cette pensée sans la vivre.
- Nous passons notre vie à causer de ce mystère : notre vie.