Nous avons beau tailler de notre mieux le bloc mystérieux dont notre vie est faite, la veine noire de la destinée y reparaît toujours.
Écrivain, 1802-1885 Image : Étienne Carjat, Domaine public, Wikimedia Commons Nous avons beau tailler de notre mieux le bloc mystérieux dont notre vie est faite, la veine noire de la destinée y reparaît toujours.
Écrivain, 1802-1885 Image : Étienne Carjat, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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Les Misérables (1862)
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Nous tissons notre destin, nous le tirons de nous comme l’araignée sa toile.
L’ironie du sort, c’est la face cachée de notre destin.
Nous passons notre vie à causer de ce mystère : notre vie.
Notre destin n’est vraiment qu’un assemblage d’images folles auquel nous sommes parfois forcés, aussi fous qu’elles, de donner corps.
Nous traînons toute notre vie des chapelets de mauvais vers et de maximes creuses qui nous font buter à chaque pas.
Le destin garde ses desseins secrets pour chaque vie, chaque voie. C’est sa condition essentielle, un postulat valable pour tous, et toujours. Nous sommes tous hantés par son mystère, cette énigme constante et despotique.
Le destin mêle les cartes et nous jouons.
Toute notre vie, nous transpirons et sauvons, construisant pour une tombe peu profonde.
Quoi qu’on fasse, notre conscience nous trouve. Le passé refait toujours surface.
À force d’aller au fond de tout, on y reste.

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