Le méfiant est fatalement voué au malheur. Tout comme l’acide corrode son contenant, le soupçon le ronge à force de se préserver jour et nuit de l’humanité tout entière.
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- En fait de calomnies, tout ce qui ne nuit pas sert à celui qui est attaqué.
- Plus la nuit avance, plus il fait lourd, plus on se sent étreint comme si d’immenses bêtes feutrées voulaient progressivement vous ôter le sang et vous tuer.
- Mieux vaut passer la nuit dans l’irritation de l’offense que dans le repentir de la vengeance.
- Qui donc pourra faire taire les grondements de bêtes Les hurlements furieux de la nuit dans nos têtes ?
- Ce qui ôte au vice un peu de sa dignité, c’est qu’il est toujours, par quelque endroit, le parasite de la vertu.
- Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.
- Celui qu’entoure la flamme de la jalousie, celui-là en fin de compte, pareil au scorpion, tourne contre lui-même son dard empoisonné.
- La terreur est toujours un dangereux système : plus on est craint, et plus on doit craindre soi-même.
- Tuer les nuances c’est tuer la liberté, l’appétit de créer, l’amour, le bonheur. C’est déchirer la trame étincelante de la vie et la changer en haillon.
- Endurcissez-le à la sueur et au froid, au vent, au soleil et aux hasards qu’il lui faut mépriser; ôtez-lui toute mollesse et délicatesse au vêtir et coucher, au manger et au boire; accoutumez-le à tout.
- Le passé, c’est sournois. Ça attend la nuit et l’obscurité pour s’infiltrer partout. La nuit est dangereuse, elle tourmente.
- La nature, plus infaillible que la politique, nous enseigne d’aller au-devant du mal qui nous menace; il devient incurable pendant que la prudence délibère sur les remèdes.
- Il est faux de croire que l’échelle des craintes correspond à celle des dangers qui les inspirent. On peut avoir peur de ne pas dormir et nullement d’un duel sérieux, d’un rat et pas d’un lion.
- Aussi bien une vieillesse - Nous menace sur le port, - Qui toute courbe et tremblante - Nous attraine chancelante - La maladie et la mort.
- L’usage du monde conduit à la défiance, la défiance mène aux soupçons. Les soupçons mènent à la finesse, la finesse à la méchanceté, et la méchanceté à tout.