Tuer les nuances, c’est tuer la liberté, l’appétit de création, l’amour, le bonheur. C’est déchirer la trame étincelante de la vie et la changer en haillon.
Romancier, 1910-1997Tuer les nuances, c’est tuer la liberté, l’appétit de création, l’amour, le bonheur. C’est déchirer la trame étincelante de la vie et la changer en haillon.
Romancier, 1910-1997Partager sur
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Lettres à votre fils qui en a ras le bol
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Aimer la vie c’est repousser les êtres qui veulent mourir.
Étonnant, cette manie qu’a la nature de tuer tout ce qui est vivant et de laisser vivre tout ce qui est mort.
La vie est un poison quand elle n’est plus qu’un instrument à combler l’ambition, l’orgueil, la jalousie.
Plus la vie est agréable et douce et enchanteresse, plus horrible est l’idée de la perdre. Et c’est ainsi que se corrompent les cultures et que viennent les décadences.
La mort détruit mais la vie dégrade.
L’absence de ceux que nous aimons est le moi de soi – un bannissement mortel.
On écrit pour tuer le temps, pour tuer la mort, pour se guérir d’être en vie.
Heureux qui pour la Gloire ou pour la Liberté,
Dans l’orgueil de la force et l’ivresse du rêve,
Meurt ainsi d’une mort éblouissante et brève.
L’excès de prudence détruit l’âme et le cœur, parce que vivre est un acte de courage. Et un acte de courage est toujours un acte d’amour.
Ce qui abat, ce qui accable, ce qui détruit irrémédiablement l’âme, c’est la médiocrité de la douleur et de la joie, la souffrance égoïste et mesquine.

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