Je repense à cette idée que j’avais en 1897, d’écrire moi- même une étude sur moi. On n’est pas beau après l’amour.
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- J’ai dépassé l’âge de l’amour, pas celui des poèmes d’amour.
- Schopenhauer voit dans l’amour une ruse de l’instinct de procréation : je ne puis dire l’horreur que m’inspire cette théorie.
- Tu ne peux pas aimer une femme, un homme, sans les avoir d’abord inventés, tu ne peux pas aimer l’autre sans l’avoir d’abord inventé, imaginé, parce qu’une belle histoire d’amour, ce sont d’abord deux êtres qui s’inventent, ce qui rend la part de réalité acceptable, et indispensable même, comme matériau de départ. Ce qu’on appelait jadis le « grand amour », c’est le dévouement pendant toute une vie et souvent jusqu’à l’extrême vieillesse de deux êtres à cette œuvre d’imagination qu’ils ont créé ensemble et réciproquement, deux êtres qui se sont d’abord inventés….
- J’avais basculé d’un coup du royaume de la solitude dans celui de l’amour et je trouvais curieux d’avoir le même visage, le même nom, le même âge.
- J’étais à l’âge où on a besoin d’aide et de tendresse pour faire l’amour. J’étais devenu un vieux con, quoi.
- Ma vie avait fait fausse route et mon contact avec les hommes n’était plus qu’un monologue intérieur. J’étais descendu si bas que si j’avais eu à choisir entre tomber amoureux et lire un bon livre sur l’amour j’aurais choisi le livre.
- Je suis tombé amoureux comme on attrape une maladie. Sans le vouloir, sans y croire, contre mon gré et sans pouvoir m’en défendre.
- Mais enfin quoi ? J’étais une femme qui avait aimé un homme. C’était une histoire simple; il n’y avait pas de quoi faire des grimaces.
- Je ne peux pas vivre sans amour. S’il n’y avait plus un seul humain, j’aimerais une plante, un bouton de porte.
- Je ne me suis mariée qu’une seule fois avec ce que j’ai cru être l’homme de ma vie, pensant vivre le véritable amour, pour m’apercevoir en finalité que vraisemblablement tout était faux, que tout n’avait été qu’illusion.
- Et je lirai (trouvant Hegel et Kant arides) - Ces beaux récits d’amour poivrés de cantharides.
- À m’écouter vivre, il me semble que [l’amour] est mon seul sujet, mon seul embarras, ma seule terreur. Et peut-être mon seul dépit.
- Je croyais que j’étais amoureux. Je savais ce que ça voulait dire, je connaissais les mots, mais je viens seulement d’en comprendre le sens. L’amour, c’est autre chose.
- Ce que j’ai appris de plus profond sur moi, c’était au gré d’une histoire d’amour : aucune formation intellectuelle, sociale, ne peut vous apporter ce que le fait d’accepter de tomber amoureuse vous apporte...